La question des visas entre la France et l’Algérie continue d’alimenter le débat politique à Paris. Quelques jours après la polémique provoquée par les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, qui avait évoqué un retour à environ 250 000 visas par an, un chiffre ensuite démenti par Emmanuel Macron, le sujet s’est invité au Parlement européen.
Interpellé par le député du Rassemblement national Olivier Fayssat, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a défendu la position du gouvernement. Il a assuré que la politique française en matière de visas ne repose ni sur des quotas ni sur un objectif chiffré, mais sur l’évolution des relations entre les deux pays.
Jean-Noël Barrot : les visas dépendent de l’évolution des relations avec l’Algérie
Répondant au député du Rassemblement national, Jean-Noël Barrot a affirmé que la délivrance des visas aux ressortissants algériens reste directement liée aux relations diplomatiques entre Paris et Alger.
« Nous n’avons jamais eu d’objectif chiffré. Notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quotas, mais à l’appréciation de nos intérêts et de l’évolution de la relation », a déclaré le chef de la diplomatie française.
Il a également rappelé que le rapprochement engagé avec Alger demeure « graduel, réversible et conditionné par les résultats que nous obtiendrons ». Selon lui, cette politique est guidée « par une seule boussole, celle de l’intérêt de la France et des Français ».
Ces déclarations interviennent alors que les échanges entre les deux capitales se sont progressivement apaisés depuis le retour de l’ambassadeur de France à Alger au mois de mai dernier.
« Vous êtes obsédés par l’Algérie » : Barrot rappelle la baisse des visas en 2025
Face aux critiques du Rassemblement national, Jean-Noël Barrot a répondu sur un ton ferme. « Il y a une différence entre le RN et nous : vous êtes obsédés par l’Algérie, nous par la France. Vous êtes obsédés par les Algériens, nous sommes obsédés par les Français et par leurs intérêts », a-t-il lancé devant les députés.
Le ministre a également rappelé que le nombre de visas accordés aux ressortissants algériens avait diminué de 20 % en 2025, après les mesures prises par Alger à l’encontre du réseau diplomatique français.
En conclusion de sa réponse, Jean-Noël Barrot a regretté que le député n’ait pas évoqué la situation du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison. Le ministre a estimé que ce dossier devait également retenir l’attention des responsables politiques français.


