Fruits et légumes en hausse : la réalité des marchés face aux assurances de Sayoud

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Saïd Sayoud Ministre de l'Intérieur des Collectivités Locales et des Transports

Les prix des fruits et légumes continuent de peser sur les ménages algériens. Depuis des semaines, plusieurs produits affichent des niveaux rarement observés ces dernières années. Lors de l’installation du nouveau wali de Ksar El Boukhari, le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, a lui-même reconnu l’ampleur de la situation. « J’ai 60 ans et je n’ai jamais vu la tomate à 200 DA en août. Elle n’a jamais dépassé les 20 DA », a-t-il déclaré.

Ces propos donnent une idée du niveau atteint par certains prix. Mais sur les marchés, les commerçants interrogés par Maghreb Émergent décrivent une situation toujours difficile. Certains craignent même une nouvelle hausse dans les prochaines semaines. Pour les familles, cette évolution se traduit directement par une baisse du pouvoir d’achat. Les achats deviennent plus limités. La demande recule, mais les prix restent élevés.

Une demande en baisse, les prix résistent

Un grossiste qui s’approvisionne directement auprès des agriculteurs dans plusieurs wilayas explique que les producteurs font eux aussi face à une hausse de leurs charges.

« Les agriculteurs se plaignent cette année des augmentations qui ont impacté leurs bénéfices. Actuellement, dans les wilayas de l’Est, Aïn Témouchent et Mostaganem, c’est presque le seul marché où on trouve suffisamment de tomates et de poivrons. Comme ils sont en fin de saison, ils veulent récupérer leurs dépenses. Pour cette raison, ils exagèrent sur les prix », explique-t-il.

La fin de la saison constitue donc un autre facteur à surveiller. Selon ce commerçant, la disponibilité de certains produits risque de diminuer davantage, ce qui pourrait maintenir la pression sur les prix.

La pomme de terre connaît aussi une situation particulière. Un commerçant spécialisé dans ce marché affirme. « Actuellement, la majorité de la pomme de terre qui est sur le marché est celle des chambres froides. C’est pour ça qu’on a vu cette hausse qui peut toucher jusqu’à 120 DA sur le marché de détail. On n’a qu’à Aflou où la campagne a déjà commencé, mais ils ont maintenu les prix et ils ne veulent pas vendre à perte », explique-t-il.

Les données officielles montrent pourtant que la production attendue à Aflou reste importante. Selon l’APS, la wilaya prévoit 877 100 quintaux de pomme de terre saisonnière pour la campagne 2025-2026. La superficie cultivée dépasse 3 032 hectares, répartis sur 12 communes.

Un autre grossiste du marché quotidien de fruits et légumes les Chaâbane, dans la wilaya de Tizi Ouzou, constate également une baisse de l’activité.

« Ces derniers jours, on a remarqué une augmentation des prix, mais aussi un manque de ventes et de revenus. Avant, je travaillais avec des commerçants qui venaient presque tous les jours. Actuellement, ils n’achètent que deux à trois fois par semaine. Cela a vraiment impacté le marché. Même les détaillants n’arrivent pas à écouler les marchandises comme avant, ce qui complique davantage l’activité », témoigne-t-il.

Fruits et légumes : les explications de Sayoud

Face à cette situation, Saïd Sayoud a dénoncé ce qu’il considère comme des pratiques commerciales abusives. Le ministre a notamment parlé de « cupidité » et assuré que l’État suivait l’évolution des prix. « Quand on aime l’Algérie et les Algériens, on ne vend pas la tomate à 200 DA le kilogramme au mois d’août », a-t-il déclaré. Il a également assuré que les services concernés interviendraient contre la hausse des prix et la spéculation, en affirmant que l’État était présent pour corriger les dysfonctionnements du marché.

Pour les viandes blanches, le ministre a avancé une explication précise. Selon lui, la flambée est liée aux incendies et aux fortes chaleurs de l’été dernier. Il estime que la situation devrait progressivement revenir à la normale. Pour certains produits importés, il a également évoqué la hausse des coûts du fret maritime et de l’assurance sur certaines routes commerciales.

Entre les annonces des autorités et la réalité constatée chez les grossistes et les détaillants, les prix restent donc sous pression. Pour les ménages, la question reste la même : quand cette hausse va-t-elle enfin commencer à ralentir ?

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