GAFI : la Banque d’Algérie revendique un rôle central dans la sortie de la liste grise

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86 % des foyers algériens vivant hors de tout recours au financement bancaire

Trois jours après le vote unanime de Paris, la Banque d’Algérie a publié un communiqué triomphal. L’institution y détaille sa contribution à la sortie du pays de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), actée le 19 juin 2026 au siège de l’OCDE.

Le texte place la banque centrale au centre du dispositif. Sous son impulsion, précise-t-elle, le Comité de coordination nationale aurait «fédéré l’ensemble des acteurs sectoriels» pour aligner le cadre légal algérien sur les exigences du GAFI. Une formulation qui dit beaucoup sur les arbitrages internes qui ont présidé à ce chantier de vingt mois.

Un chantier législatif mené sous pression

Depuis octobre 2024, date de son inscription sur la liste des juridictions sous surveillance renforcée, l’Algérie s’est engagée à accélérer la consolidation de ses dispositifs de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Sur le plan législatif, les autorités se sont appuyées sur la loi 23-01 du 7 février 2023 modifiant la loi fondatrice 05-01 de 2005, complétée par la loi 25-048 de 2025 et un nouvel amendement de juillet 2025.

La Banque d’Algérie a imposé de nouvelles règles aux établissements financiers. Les règlements 24-03 et 25-14 ont renforcé les obligations de connaissance du client, de vigilance permanente et de surveillance des transactions.

L’instruction n°04-2026, signée le 30 avril par le gouverneur Mohammed Lamine Lebbou, a fixé pour la première fois une procédure unifiée de connaissance client pour les banques, les établissements financiers et les services financiers d’Algérie Poste. Les autorités ont également accéléré la mise en œuvre du Registre national des bénéficiaires effectifs, afin d’améliorer la transparence sur les véritables propriétaires des personnes morales.

Une visite d’évaluation sur site, conduite par des experts du GAFI à Alger les 14 et 15 avril 2026, a permis de valider l’application concrète de ces réformes. Dès février 2026, l’organisme avait jugé que l’Algérie avait «substantiellement complété» son plan d’action.

Ce que le retrait change concrètement

Les conséquences pratiques du classement sur liste grise n’étaient pas négligeables : surcoûts de conformité pour les banques algériennes dans leurs transactions internationales, vigilance accrue des partenaires commerciaux, signal défavorable adressé aux investisseurs étrangers. Ces contraintes tombent avec la décision de Paris.

Le calendrier de cette sortie revêt une portée stratégique : Alger cherche à attirer davantage de capitaux étrangers hors hydrocarbures, en particulier dans les secteurs industriel, minier et numérique. La conformité retrouvée aux standards du GAFI facilite également le dialogue avec les institutions financières internationales, à commencer par le FMI et la Banque mondiale.

Malgré ce retrait, le GAFI continue de suivre l’évolution du dispositif algérien dans un cadre de coopération avec les instances régionales. L’Algérie avait déjà été inscrite sur cette liste en 2011, avant d’en sortir en 2016. Le communiqué de la Banque d’Algérie ne mentionne pas ce précédent.

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