Gaz : l’Algérie reprend la tête des fournisseurs de l’Espagne après quatre mois de disette

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Exportations de gaz algérien vers l'Espagne : l'Algérie retrouve sa première place en mai 2026. (Illustration)

Quatre mois, c’est le temps qu’il aura fallu à l’Algérie pour retrouver sa position de premier fournisseur de gaz de l’Espagne. En mai 2026, Sonatrach a acheminé 13,37 térawattheures vers la péninsule ibérique, représentant 42,6 % des importations espagnoles totales, selon les données mensuelles de l’opérateur du réseau gazier espagnol Enagas, cité par la plateforme Attaqa. La remontée est nette depuis les 8,14 TWh enregistrés au même mois de 2025.

Le volume global des importations espagnoles de gaz a progressé de 9,3 % en mai par rapport à avril, à 31,4 TWh, après avoir touché ses niveaux les plus bas de l’année en avril. Ce rebond permet à l’Algérie de devancer à nouveau les États-Unis, reléguée à la troisième place avec seulement 4,76 TWh, contre 10,07 TWh en avril. Le recul américain, de près de 53 % en un mois, reflète la volatilité des flux de gaz naturel liquéfié (GNL) spot, largement soumis aux arbitrages commerciaux des opérateurs entre marchés asiatiques et européens.

Le Medgaz au cœur du redressement

Le retour algérien s’appuie sur deux canaux complémentaires. Le gazoduc Medgaz, dont Sonatrach détient 51 % du capital, a acheminé 10,37 TWh de gaz naturel vers Almería en mai, soit l’essentiel du volume algérien. La composante GNL a pour sa part représenté 3,002 TWh, marquant un retour des méthaniers algériens après plusieurs interruptions au fil de l’année. Ce double flux combiné constitue une position difficile à challenger pour tout concurrent ne disposant pas d’infrastructure sous-marine directe vers la péninsule ibérique.

La Russie, elle, a progressé à la deuxième place avec 8,73 TWh de GNL, soit presque le double de ses volumes d’avril. Cette remontée russe par voie maritime ne doit rien à une infrastructure partagée avec Madrid, mais traduit la persistance d’achats spot non attribués à des vendeurs identifiés, un phénomène récurrent sur le marché espagnol. Les autorités européennes ont régulièrement débattu d’un plafonnement de ces flux sans parvenir à une décision contraignante.

Les GNL d’Arzew de retour, prudemment

Les usines de liquéfaction d’Arzew, en cours de réhabilitation depuis plusieurs trimestres, avaient contraint Sonatrach à réduire fortement ses expéditions sur méthaniers. Les exportations de GNL algérien avaient atteint leur plus bas niveau depuis vingt ans sur l’ensemble de 2025, à 9,54 millions de tonnes. Le complexe GL1Z tourne désormais à trois trains réhabilités sur six. Le doublement de capacité en partenariat avec le groupe chinois Sinopec, lui, ne produira ses effets qu’à partir de 2027.

Les 3 TWh de GNL acheminés vers l’Espagne en mai constituent donc moins une reprise en volume qu’un signal de retour à la régularité, après des absences répétées qui avaient profité aux fournisseurs américains et qataris sur ce segment.

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