Le Bangladesh viserait dix cargaisons de GNL algérien par an, dans le cadre d’un contrat à court terme. C’est ce qu’affirment des sources proches du dossier, citées par la plateforme spécialisée Attaqa. Les prix, les délais de livraison et les conditions d’approvisionnement restent à négocier, et les discussions en sont à un stade préliminaire. Sonatrach n’a pas répondu à la demande de commentaire adressée par Attaqa sur ce volet.
Une réunion ministérielle en toile de fond
Ce chiffre prolonge une réunion tenue le 10 septembre 2026 entre Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie et des Mines, et Iqbal Hasan Mahmood, ministre bangladais de l’Énergie et des Ressources minérales, en présence du PDG de Sonatrach Noureddine Daoudi, de l’ambassadeur du Bangladesh à Alger, et des dirigeants de Petrobangla, de la Bangladesh Petroleum Corporation et de Rupantarita Prakritik Gas Company Limited.
Le ministère y indiquait seulement que la partie bangladaise avait exprimé son intérêt pour la conclusion de contrats d’achat de GNL, sans préciser de volumes. Un groupe de travail conjoint a depuis été mis en place, avec en toile de fond des pistes de coopération sur le gaz de pétrole liquéfié, les produits pétroliers et les infrastructures gazières.
Le Bangladesh rejoint une liste déjà ouverte en Asie
Dacca n’ouvre pas une voie inédite. L’Inde a montré le chemin la première, et notre couverture du marché du GPL racontait en mai comment la destruction partielle des capacités gazières qatariennes et les perturbations du détroit d’Ormuz avaient plongé New Delhi, structurellement dépendante du Golfe, dans une pénurie partielle qui l’a contrainte à diversifier ses sources dans l’urgence.
Sonatrach avait anticipé ce basculement dès 2022 en réorientant une partie de ses cargaisons vers l’Asie, avant de signer en mars 2026 un contrat régulier de GPL avec un client chinois. Plus récemment, Indian Oil Corporation, premier raffineur du pays, a engagé des discussions avec Sonatrach pour des livraisons mensuelles à partir de 2027, alors même que la fermeture du détroit avait poussé New Delhi à rationner sa distribution intérieure.
L’Irak s’est trouvé dans une situation voisine, pour une raison différente. Privé du gaz iranien après l’arrêt des livraisons de Téhéran fin 2024, Bagdad avait perdu plus de 10 000 mégawatts de capacité électrique et engagé des discussions avancées avec Sonatrach pour un contrat pouvant atteindre un million de tonnes de GNL par an. Rien n’indique que ces négociations aient abouti.
La Turquie occupe une place à part dans ce paysage, celle d’un client déjà installé plutôt que d’un nouvel arrivant : Ankara a multiplié cette année les discussions avec Sonatrach pour prolonger ses contrats et sécuriser ses livraisons sur plusieurs années, par méfiance envers un marché mondial qu’elle juge trop instable pour s’en remettre à un seul fournisseur.
Un débouché qui desserrerait la dépendance européenne
C’est dans ce mouvement plus large que s’inscrit l’intérêt bangladais. Sonatrach évalue, selon Attaqa, la possibilité de diriger une partie de ses cargaisons hors d’Europe en fonction des prix proposés par Dacca, un arbitrage d’autant plus significatif que ses ventes restent aujourd’hui très concentrées sur un petit nombre de clients.
Source : Attaqa, données S1 2026


