Huile d’olive dans les Hauts-Plateaux : de premières plantations à 800 000 litres par an à Djelfa

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Le stand Dar Diaf au Sipsa, l'entreprise familiale de Hassi Bahbah, dans la wilaya de Djelfa, y présente son huile d'olive extra vierge des Hauts-Plateaux ainsi que sa gamme de produits du terroir. ©Djaffar Ouigra/ MAGHREB EMERGENT

En 2005, quand le grand-père de la famille Saleh a planté ses premiers oliviers à Hassi Bahbah, dans la wilaya de Djelfa, ses voisins doutaient. Le climat rude des Hauts-Plateaux, les longues périodes de sécheresse, le sol : rien ne semblait plaider pour une filière oléicole viable dans cette région que personne n’associait encore à la culture de l’olivier.

Vingt ans plus tard, des milliers d’arbres couvrent plusieurs exploitations de la région, certaines marques locales décrochent des médailles dans des concours internationaux, et l’entreprise familiale Dar Diaf produit désormais environ 800 000 litres d’huile d’olive par an. La progression est réelle, mais les obstacles aussi.

Dar Diaf, ou la conversion d’un territoire

Bachir Mohammed Saleh, gérant de Dar Diaf, retrace une trajectoire qui n’allait pas de soi. « Depuis 2005, mon grand-père a conduit une première expérience pour l’implantation des oliviers dans cette région. Au début, c’était un projet qui n’était pas applaudi par certaines personnes qui disaient que ça allait être difficile de réussir cette opération », confie-t-il.

L’entreprise compte aujourd’hui plus de 300 hectares et quelque 5 000 oliviers, les plantations se poursuivant pour augmenter les capacités dans les prochaines années. « Après, plusieurs agriculteurs ont fait la même chose », poursuit Bachir Mohammed Saleh. L’entraînement a été progressif.

L’activité emploie près de 80 travailleurs permanents hors saison de récolte, un chiffre qui dépasse 100 ouvriers pendant la cueillette. Quatre huileries automatiques permettent à Dar Diaf d’assurer aussi le pressage pour d’autres producteurs de la région. « Nous faisons le pressage pour d’autres propriétaires dans une totale transparence, en présence des propriétaires de la marchandise. On fait cette opération devant leurs yeux pour avoir la confiance de nos clients », détaille le gérant.

La production annuelle atteint désormais 800 000 litres. Un volume qui pose d’autres problèmes. « C’est un chiffre qui demande une bonne stratégie pour écouler le produit sur le marché. Il faut aussi avoir une qualité au rendez-vous », explique Bachir Mohammed Saleh. L’entreprise travaille avec des exportateurs et a récemment expédié trois palettes vers la Mauritanie, première ouverture vers des marchés africains que le producteur entend développer. Mais un obstacle revient systématiquement dans ses propos.

« Notre souci majeur est l’emballage, parce qu’il y a un manque terrible de l’offre ici en Algérie. Comme vous le constatez, chaque bouteille est différente de l’autre, alors que ça joue un rôle important pour un bon marketing », regrette-t-il.

Mazraet El Nour, six médailles d’or et la diversification vers les produits du terroir

À Aïn Oussara, Bradai Amer a suivi une trajectoire parallèle avec son exploitation Mazraet El Nour. Son huile d’olive a obtenu six médailles d’or dans des concours nationaux et internationaux. « Trois ici en Algérie, une à Carthage, une autre en Égypte et la dernière à Istanbul », énumère-t-il.

L’exploitation compte environ 2 500 arbres sur 30 hectares. Des puits ont été creusés en périphérie pour sécuriser l’irrigation dans une région où le manque d’eau reste une contrainte permanente. Bradai Amer s’oriente désormais vers les produits dérivés. « Je me suis dirigé vers les produits du terroir à base d’huile d’olive. J’ai fait une mayonnaise avec, et même un mélange olives-huile d’olive qui a donné quelque chose d’extraordinaire », raconte-t-il. Deux autres produits sont en cours de développement.

Le producteur bute lui aussi sur le coût du pressage externalisé. Son objectif est de construire sa propre huilerie. « C’est très coûteux de faire le pressage chez les autres vu mon rendement chaque année », explique-t-il.

Dehbia et ses 58 médailles

Dans cette dynamique, la marque Dehbia, originaire des Hauts-Plateaux, a accumulé 58 médailles dans des concours spécialisés, confirmant que la région produit une huile capable de s’imposer hors de ses frontières.

Les professionnels du secteur s’accordent sur un diagnostic commun : huileries insuffisantes, emballage inadapté, accompagnement à l’export quasi inexistant. La filière existe. Elle n’est pas encore outillée pour passer à l’échelle.

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