La dernière revalorisation des pensions pèse lourd sur les finances de la Caisse nationale des retraites. ؤette mesure a coûté plus de 88 milliards de dinars à la CNR. C’est ce qu’a annoncé Hafid Adrar, Directeur général de la caisse, sur les ondes de la Chaîne 2 de la Radio nationale.
La revalorisation des retraites en Algérie pour 2026 s’applique selon deux taux distincts. Ainsi, les retraités percevant une pension inférieure ou égale à 20 000 dinars bénéficient d’une augmentation de 10 %. En revanche, ceux dont la pension dépasse ce seuil profitent d’une hausse de 5 %. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er mai 2026. En moyenne, la revalorisation représente une hausse de 1 900 dinars par mois.
Pour mieux saisir l’ampleur de l’effort consenti, il faut rappeler quelques chiffres clés. La CNR verse chaque mois 162 milliards de dinars de pensions. Par ailleurs, le nombre de bénéficiaires dépasse désormais 3,5 millions de retraités et d’ayants droits, un chiffre en constante augmentation. Cette tendance démographique accentue naturellement la pression sur les ressources de la caisse.
Au-delà des chiffres : améliorer le pouvoir d’achat des retraités
M. Adrar insiste sur un point essentiel. La CNR ne se limite pas aux revalorisations financières. Elle travaille activement à améliorer le pouvoir d’achat des retraités à travers des partenariats stratégiques.
Premièrement, la caisse est en discussion avec la SNTF pour signer une convention accordant des réductions sur les prix des billets de train aux retraités. Deuxièmement, une convention a déjà été signée avec la banque BDL pour faciliter l’accès au crédit aux retraités. Troisièmement, un accord avec la compagnie d’assurance SAA prévoit des réductions tarifaires sur les assurances automobiles et autres produits d’assurance. Enfin, un partenariat a également été conclu avec l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy, offrant des avantages tarifaires spécifiques aux retraités.
Ces démarches ne sont pas anodines. Elles s’inscrivent dans une stratégie cohérente visant à renforcer le niveau de vie des retraités algériens. Car au-delà de la pension mensuelle, c’est l’ensemble du quotidien qui doit être pris en charge. Transport, crédit, assurance, communication : la CNR cherche à couvrir les besoins essentiels de ses bénéficiaires.
Toutefois, la question de la soutenabilité financière de la caisse reste posée. Avec une masse salariale mensuelle de 162 milliards de dinars et un nombre croissant de retraités, les défis structurels demeurent réels. La revalorisation de 2026 illustre, à elle seule, l’ampleur des engagements de l’État envers cette catégorie de la population.


