L’APPO lance le registre africain des entreprises pétrolières et gazières

Selon Farid Ghezali, la plateforme doit, à terme, évoluer vers un bulletin africain des appels d'offres calqué sur le modèle du BAOSEM algérien, filiale de Sonatrach et de Sonelgaz fondée en 2002 et qui publie chaque semaine plusieurs centaines d'avis de marchés du secteur de l'énergie et des mines.

Maghreb Emergent
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Farid Ghezali, secrétaire général de l'APPO, au siège de l'organisation à Brazzaville. © APPO

Réunis en mode hybride au siège de l’Organisation africaine des producteurs de pétrole (APPO) à Brazzaville, en République du Congo, des cadres des ministères des Hydrocarbures et des spécialistes du contenu local des dix-huit pays membres ont assisté, mercredi 26 août, à la mise en service officielle de la première plateforme continentale consacrée au contenu local dans le secteur des hydrocarbures. La cérémonie a été suivie d’un atelier de démonstration et de prise en main de l’outil.

La plateforme doit permettre de recenser les entreprises africaines certifiées présentes dans la chaîne de valeur énergétique et de les mettre en réseau avec les projets pétroliers et gaziers du continent. Secrétaire général de l’APPO depuis janvier 2026, l’Algérien Farid Ghezali, élu à la tête de l’organisation en novembre 2025, porte ce projet depuis plusieurs mois. Dans un entretien accordé à l’agence APS en juin dernier, il présentait déjà cet outil numérique comme un moyen de structurer l’offre africaine face aux grands donneurs d’ordre du secteur.

Un préalable au futur bulletin panafricain des appels d’offres

Le lancement de Brazzaville ne marque qu’une première étape. Selon Farid Ghezali, la plateforme doit, à terme, évoluer vers un bulletin africain des appels d’offres calqué sur le modèle du BAOSEM algérien, filiale de Sonatrach et de Sonelgaz fondée en 2002 et qui publie chaque semaine plusieurs centaines d’avis de marchés du secteur de l’énergie et des mines. Cette version élargie n’est cependant pas attendue avant la fin de 2026, voire le début de 2027.

Fondée à Lagos en 1987, l’APPO a élargi son mandat en 2019 pour dépasser la seule coordination de marché et s’impliquer directement dans le financement des projets énergétiques du continent, une évolution dont la Banque africaine de l’énergie, copilotée avec Afreximbank et domiciliée à Abuja, constitue le prolongement le plus abouti. L’organisation compte aujourd’hui dix-huit pays membres, de l’Algérie et la Libye au nord jusqu’à la Namibie et l’Afrique du Sud au sud, et son secrétariat est installé à Brazzaville.

Le continent a pourtant engrangé des progrès mesurables ces dernières années, avec un taux de contenu local évalué à 25 % en Angola et une réduction de 15 % du torchage au Congo. L’organisation reconnaît cependant que l’Afrique importe encore 70 % des biens et des services nécessaires à ses projets énergétiques, une dépendance que le secrétariat de l’APPO relie à la volatilité des chaînes d’approvisionnement mondiales et au renchérissement des coûts logistiques observé depuis les tensions en mer Rouge.

Les précédents nigérian et algérien en toile de fond

Le projet s’inspire directement de deux expériences nationales. Farid Ghezali a proposé un modèle comparable lors d’une visite au Nigerian Content Development and Monitoring Board (NCDMB) en février, citant l’expérience de l’agence nigériane, qui revendique cinq milliards de dollars de contrats locaux obtenus auprès des compagnies pétrolières internationales. Le secrétaire général avait alors recommandé aux autres États membres de s’appuyer sur la Nigerian Content Academy pour former leurs propres cadres, avant de proposer le modèle algérien du BAOSEM comme référence pour la seconde phase du projet.

Le contenu local demeure un point de friction ancien entre pays producteurs et compagnies étrangères, les premiers réclamant des quotas d’emploi, de sous-traitance et de transfert de compétences que les secondes limitent le plus souvent au minimum réglementaire. C’est dans cette perspective que l’APPO avait adopté, à Nairobi en mars 2026, un cadre continental pour le contenu local prévoyant des audits obligatoires des compagnies pétrolières internationales et la constitution d’un fonds d’amorçage d’un milliard de dollars destiné aux PME africaines du secteur.

Prochaines échéances

L’organisation affiche un objectif de long terme consistant à réserver, d’ici 2035, 60 % des contrats des compagnies pétrolières internationales à des entreprises africaines, avec la publication d’indicateurs mensuels destinés à suivre l’avancement de cette trajectoire. Avant la publication du futur bulletin des appels d’offres, prévue fin 2026 ou début 2027, Farid Ghezali doit intervenir en janvier 2027 au sommet énergétique libyen LEES, quelques mois après le forum de formation des cadres organisé par l’APPO à Tripoli.

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