Le 2e report de l’affaire Zetchi prolonge la mobilisation pour sa disculpation

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خير الدين زطشي، رئيس الفاف السابق

Il y avait d’emblée peu de suspense sur l’issue de cette deuxième audience de l’affaire FAF ce mardi matin. Le mot « report » était sur toutes les lèvres bien avant l’arrivée des prévenus puis de la présidente de l’audience.

La grande salle du 1er étage du tribunal de Sidi Mohamed, rue Abane Ramdane, s’est avérée trop exiguë pour accueillir le public d’amis et de familles venu assister au procès de l’affaire Zetchi et dirigeants de la FAF. Elle n’était pas climatisée. L’air y était irrespirable malgré, ou à cause, des grandes fenêtres ouvertes de part et d’autre. Dans le box des accusés, la présence choquante de trois présidents de la fédération algérienne de football.

Outre Kheirredine Zetchi (2017-2021), chemise bleu nuit, sourires aux proches, principal accusé dans l’affaire du jour, Charaf-Eddine Amara (2021-2022) et Djahid Zefzef (2022-2023), en détention provisoire dans d’autres affaires, sont co-accusés dans celle-ci. « Conditions de travail incommodantes », une seule raison aurait pu suffire à justifier la requête de report des avocats de la défense. Ils y ajoutèrent « un délai nécessaire pour de nouvelles parties constituées ».

La présidente d’audience a accepté ce second report et a fixé l’audience au 4 août prochain. Elle a refusé une demande de liberté provisoire introduite par la défense.

Un report inévitable et peut-être utile

Le climat, cela était perceptible ce mardi à Sidi Mohamed, a changé autour de ce dossier. La première audience du procès FAF s’était tenue le mardi 30 juin et avait décidé d’un report de trois semaines. Entre-temps l’Algérie a été éliminée sans briller au Mondial américain, la gouvernance du football a été déchiquetée dans l’opinion et le brillant bilan de Kheirredine Zetchi est revenu à la mémoire de tous. Une campagne de soutien à sa personne s’est développée sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

De très nombreuses publications, jusqu’à et y compris de journalistes de médias pro-gouvernementaux comme Le Soir d’Algérie, réclament désormais sa libération et sa réhabilitation. Le chaos que représente l’inculpation de trois présidents de la FAF ajoute au marasme institutionnel ambiant consécutif au parcours des Verts, un peu plus terni par l’émergence confirmée du football marocain sur la scène mondiale.

Sur place au tribunal, alors que le public quittait la salle, abandonnée au profit d’une plus petite climatisée, pour la suite des audiences, l’entourage des prévenus se montrait à la fois confiant et prudent.

Un dossier pourtant facile à plaider

Le réveil miraculeux, ce mois de juillet, de la large famille du football en défense du bilan du mandat de Kheirredine Zetchi à la tête de la FAF, en complément de son statut de fondateur, avec son frère Hassan notamment, de la filière d’excellence dans la formation de footballeurs qu’est le Paradou, peut à lui seul changer la donne d’un procès tant le dossier d’accusation y paraît décharné.

Les avocats de la défense rappellent que, pendant les 4 ans de mandat de Kheirredine Zetchi, la FAF n’a bénéficié d’aucune subvention publique. « Où est donc le préjudice fait aux deniers publics ? Nous parlons d’une association indépendante dont la gestion engage ses propres fonds ».

Le plaidoyer pourrait s’arrêter là. La défense de Kheirredine Zetchi laisse cependant filtrer un malaise tant le dossier n’aurait jamais dû arriver à des inculpations et un procès. Elle était prête dès ce 21 juillet à étaler son plaidoyer sur les trois principaux points de l’accusation : la négociation du contrat Adidas, la sélection de l’agence de voyage tunisienne agréée par la FIFA, et les primes en devises aux joueurs.

Ses actes de gestion internes à une association ont-ils profité à des tierces parties ou, incidemment, à ceux, bureau fédéral engagé, qui les ont pris ? L’accusation ne s’est pas donné la peine d’y répondre. Comme c’est le cas dans l’écrasante majorité des dossiers politiquement pilotés.

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