Les opérateurs de marché redoutent désormais une perturbation durable des principales voies maritimes utilisées pour le transport des hydrocarbures. La multiplication des incidents en mer Rouge, combinée aux tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz, alimente une forte prime de risque géopolitique sur les marchés pétroliers.
Les marchés sous tension
En fin de matinée, les cours évoluaient dans une forte volatilité. Le Brent, référence du pétrole en Europe, pour livraison en septembre, gagnait 4,68 % à 98,47 dollars le baril, après avoir brièvement dépassé les 98,80 dollars en séance. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, progressait de 3,78 % à 90,11 dollars. Cette accélération traduit les inquiétudes des investisseurs face au risque d’une interruption des flux d’approvisionnement en provenance du Golfe.
Deux détroits stratégiques sous pression
La mer Rouge constitue via Bab El-Mandeb, l’une des principales routes commerciales reliant l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient. Les rebelles houthistes ont revendiqué plusieurs attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite, faisant craindre une dégradation durable de la sécurité maritime dans la zone.
Parallèlement, les tensions demeurent élevées dans le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Plusieurs compagnies maritimes et opérateurs énergétiques suivent de près l’évolution de la situation, alors que les risques pesant sur la navigation restent élevés.
Face à cette situation, Riyad cherchait notamment à diversifier ses itinéraires d’exportation en privilégiant ses infrastructures débouchant sur la mer Rouge. Les nouvelles attaques revendiquées par les Houthis remettent toutefois en question cette alternative et renforcent les inquiétudes sur la sécurité des exportations pétrolières de la région.
Des conséquences pour l’économie mondiale
Si les tensions devaient se prolonger, une partie croissante de la flotte pétrolière pourrait être contrainte d’éviter les zones les plus exposées et d’emprunter la route du cap de Bonne-Espérance. Ce détour rallonge les trajets de plusieurs milliers de kilomètres, augmente les coûts de transport, les primes d’assurance et les délais de livraison.
Pour les marchés, l’enjeu dépasse désormais le seul prix du pétrole. Un Brent durablement proche ou supérieur à 100 dollars pourrait raviver les pressions inflationnistes, renchérir les coûts du transport maritime et compliquer les perspectives d’assouplissement monétaire dans plusieurs grandes économies.

