Les ports algériens tournent à plein régime. À moins de six semaines de la fête de l’Aïd El Kébir, prévue fin mai 2026, l’Algérie intensifie ses importations de moutons pour atteindre l’objectif fixé par le président de la République : un million de têtes ovines avant la fête du sacrifice.
La cadence est soutenue. Actuellement, un navire accoste tous les deux à trois jours dans un port algérien. À son bord, entre 8 000 et 20 000 têtes d’ovins destinées au sacrifice. Au total, huit ports du pays sont mobilisés en simultané pour absorber ce flux continu d’animaux.
Cette organisation logistique reflète la volonté des autorités d’éviter les tensions d’approvisionnement qui avaient marqué les précédentes éditions. En effet, l’enjeu est de taille : garantir un accès suffisant à la viande ovine pour les millions de familles algériennes qui célèbrent cette fête religieuse majeure.
Quatre pays fournisseurs sur deux continents
Pour constituer ce stock d’envergure, l’Algérie s’approvisionne auprès de quatre pays fournisseurs, répartis sur deux continents. En Europe, l’Espagne et la Roumanie assurent une partie des livraisons, grâce à leur proximité géographique qui facilite les délais d’acheminement. En Amérique du Sud, l’Uruguay et le Brésil complètent l’offre, en fournissant des volumes significatifs d’ovins destinés au marché algérien.
Cette diversification des sources d’approvisionnement constitue une stratégie délibérée. Elle permet, d’une part, de réduire la dépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur et, d’autre part, de sécuriser les volumes nécessaires face aux aléas du marché international du bétail.
150 000 têtes importées au 20 avril : seulement 15% du programme
Malgré cette mobilisation, le chemin restant est considérable. Au lundi 20 avril 2025, le nombre de moutons importés approche les 150 000 têtes, soit à peine 15% de l’objectif national. Autrement dit, il reste encore 850 000 têtes à importer en l’espace de cinq semaines.
Ce rythme devra donc nettement s’accélérer pour tenir le calendrier. Concrètement, cela suppose de faire entrer en moyenne 170 000 moutons par semaine jusqu’à la fête. Un défi logistique de grande envergure, mais que les autorités affirment pouvoir relever grâce à la coordination entre les ports et les opérateurs agréés.
Une application mobile pour fluidifier la vente
Par ailleurs, les autorités ont tiré les leçons de l’année dernière. En 2025, de longues files d’attente devant les points de vente avaient généré frustration et désorganisation. Cette année, une solution numérique a été mise en place pour y remédier.
Ainsi, les pouvoirs publics ont lancé cette semaine une application mobile dédiée à la gestion des ventes de moutons. Le principe est simple : la vente se fait désormais sur rendez-vous, à prendre directement via l’application. L’acheteur choisit son créneau, se présente au point de vente à l’heure indiquée et évite l’attente.
Cette initiative a reçu un accueil globalement favorable de la part des citoyens. Nombreux sont ceux qui saluent cette modernisation du processus. Néanmoins, plusieurs internautes signalent des difficultés d’accès à l’application ainsi que des problèmes lors de la prise de rendez-vous.
Les prochaines semaines seront décisives. Chaque navire qui accoste, chaque mouton débarqué en provenance d’Espagne, de Roumanie, d’Uruguay ou du Brésil, rapproche l’Algérie de son objectif. La course contre la montre est lancée.


