Après plusieurs séances de repli enregistrées entre le 20 et le 28 juillet 2026, le marché noir des devises en Algérie a changé de direction. La monnaie unique européenne a progressivement mis fin à sa phase baissière avant de renouer avec la hausse, une tendance qui se confirme depuis la fin du mois de juillet.
Le billet de 100 euros s’échangeait autour de 27 750 dinars le 20 juillet. Les jours suivants, l’euro a progressivement perdu du terrain, reculant à 27 600 dinars le 23 juillet. Après un léger rebond à 27 650 dinars le 25 juillet, la devise européenne est retombée à 27 500 dinars le 28 juillet, son niveau le plus bas de cette séquence.
À partir du 30 juillet, le marché a commencé à se stabiliser, mettant un terme à cette phase baissière. La reprise s’est ensuite confirmée avec un cours de 27 600 dinars pour 100 euros le 1er août, 27 650 dinars le 2 août, puis 27 700 dinars le 3 août. En quelques jours, la monnaie européenne a ainsi récupéré 200 dinars par rapport à son point bas atteint le 28 juillet.
Une demande en hausse face à une offre moins abondante
Selon un connaisseur du marché noir des devises ayant préféré garder l’anonymat, ce retournement est avant tout le résultat d’un déséquilibre entre l’offre et la demande.
Notre interlocuteur explique que cette période correspond traditionnellement à une hausse des besoins en devises. De nombreux étudiants algériens admis dans des universités étrangères préparent actuellement leur départ et recherchent des euros pour couvrir leurs premières dépenses à l’étranger, notamment le logement, les frais d’installation et les dépenses courantes.
À cette demande s’ajoutent les préparatifs liés à la reprise de l’importation des véhicules de moins de trois ans via les ports d’Alger et d’Oran, annoncée pour le 15 septembre prochain. Selon cette source, de nombreux particuliers commencent à constituer leurs réserves de devises afin de financer leurs futures opérations d’achat de véhicules à l’étranger.
Dans le même temps, les quantités d’euros disponibles sur le marché parallèle se sont réduites. Après une deuxième quinzaine de juillet marquée par une offre relativement abondante, notamment grâce aux devises injectées sur le marché par une partie de la diaspora, les disponibilités sont désormais moins importantes.
« Aujourd’hui, la demande dépasse clairement l’offre. Les cambistes disposent de moins d’euros qu’il y a deux semaines, alors que les acheteurs sont plus nombreux. C’est ce qui explique la remontée progressive des cours », résume ce connaisseur du marché noir des devises.
Une tendance qui reste à confirmer
Pour cette source, la hausse observée depuis la fin du mois de juillet pourrait se poursuivre si les facteurs actuels demeurent inchangés. Les départs des étudiants à l’étranger devraient continuer au cours des prochaines semaines, tandis que l’approche de la reprise des importations de véhicules neufs et de moins de trois ans pourrait maintenir une demande soutenue en devises.
L’évolution des cours dépendra toutefois de l’équilibre entre les nouvelles entrées d’euros sur le marché parallèle et les besoins des particuliers. Si l’offre retrouve son niveau de la mi-juillet, la progression de l’euro pourrait ralentir. À l’inverse, un maintien d’une demande élevée face à une offre limitée continuerait de soutenir la monnaie unique européenne sur le marché noir des devises en Algérie. attentifs à l’évolution des disponibilités en devises ainsi qu’au calendrier d’application de la nouvelle allocation touristique, deux éléments qui devraient continuer à influencer les cours sur le marché noir algérien.


