Après plus d’une semaine de baisse continue, l’euro marque une pause face au dinar algérien sur le marché noir des devises. Ce lundi 18 mai 2026, les cambistes maintiennent les mêmes cotations que la veille, signe d’une stabilisation du marché parallèle après plusieurs séances de recul de la monnaie européenne.
Concrètement, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 750 dinars algériens, tandis que le taux d’achat se fixe autour de 27 550 dinars. Aucune variation n’a été observée par rapport à la journée de dimanche. Cette stabilité met ainsi fin, au moins temporairement, à la tendance baissière qui pesait sur l’euro depuis plusieurs jours.
Le recul de la devise européenne a été particulièrement marqué au cours des dernières semaines. En l’espace d’un mois, le billet de 100 euros a perdu près de 300 dinars sur le marché parallèle. Une correction notable après plusieurs mois de hausse continue du taux de change sur le Square Port-Saïd et les principaux réseaux informels du pays.
Selon plusieurs observateurs du marché, le retour à un certain équilibre entre l’offre et la demande explique principalement la stabilisation enregistrée ce lundi. Les flux d’euros injectés sur le marché noir ont fortement augmenté à l’approche de l’Aïd El Kebir et de la saison estivale.
Parmi les principaux facteurs ayant contribué à la baisse de l’euro, figure d’abord l’arrivée massive de membres de la diaspora algérienne installée en Europe. Comme chaque année à l’approche des vacances et de l’Aïd, ces voyageurs alimentent le marché parallèle en devises, augmentant mécaniquement l’offre disponible.
Deuxième facteur : le ralentissement de la demande provenant des voyageurs algériens à destination de l’étranger. L’incertitude géopolitique au Moyen-Orient pousse de nombreux ménages à reporter leurs déplacements et leurs dépenses en devises. Cette prudence réduit la pression sur le marché noir.
La baisse de la demande des importateurs du commerce du cabas a également joué un rôle important. Une partie de ces petits importateurs aurait déjà épuisé ses quotas légaux d’importation, réduisant ainsi ses besoins immédiats en euros. Or, cette catégorie d’opérateurs constitue habituellement l’un des principaux moteurs de la demande sur le marché parallèle des devises.
À cela s’ajoute l’effet des nouvelles mesures de contrôle des devises et du durcissement progressif de certaines règles liées aux transferts d’argent et aux opérations en espèces. Plusieurs cambistes estiment que ces mesures contribuent à freiner les achats spéculatifs d’euros.
Enfin, certains opérateurs évoquent également une stratégie d’attentisme des cambistes eux-mêmes. Après plusieurs jours de baisse rapide, une partie du marché préfère désormais observer l’évolution de la demande avant de repositionner les cotations.
Malgré cette stabilisation, les acteurs du marché noir restent prudents. Les prochaines semaines seront déterminantes avec l’arrivée de la haute saison estivale, traditionnellement marquée par une forte demande en devises de la part des voyageurs et des importateurs informels.


