Le billet de 100 euros s’échange ce lundi à 28 050 dinars à la vente, contre 27 750 à 27 800 dinars à l’achat. Soit une progression de 50 dinars dans les deux sens par rapport à la cotation précédente. Une hausse modeste, mais qui mérite attention. Après plusieurs jours de stagnation, le marché noir des devises enregistre donc un léger mouvement haussier. L’euro reprend des couleurs face au dinar algérien. Ce frémissement rompt avec l’immobilisme qui dominait les échanges depuis quelques jours sur le marché parallèle.
Toutefois, cette reprise appelle à la prudence. Un cambiste contacté par notre rédaction tempère immédiatement les interprétations trop enthousiastes.
Pas de renversement de tendance, selon les cambistes
« Il est encore prématuré de parler d’une tendance haussière », affirme notre interlocuteur. Il poursuit : « Une hausse de 50 dinars pour 100 euros ne peut être qualifiée de tendance haussière. »
En clair, il ne faut pas confondre ajustement conjoncturel et changement de fond. Sur le marché noir, la prudence continue effectivement de dominer les échanges. Les opérateurs n’anticipent pas encore de mouvement directionnel clair.
Par ailleurs, le contexte international joue un rôle déterminant. La persistance des tensions au Proche-Orient continue de semer l’inquiétude sur les marchés financiers mondiaux. Ces tensions perturbent également le commerce international, ce qui se répercute directement sur le marché noir des devises en Algérie.
Ce lien est désormais bien établi. Le marché parallèle algérien n’évolue pas en vase clos. Il réagit, à sa manière, aux grands équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
L’évolution des prochains jours dépend du Proche-Orient
Interrogé sur les perspectives à court terme, notre cambiste est formel : c’est la situation au Proche-Orient qui dictera la trajectoire de l’euro sur le marché noir.
Il l’explique clairement : « La fin du conflit et le retour des vols ainsi que du commerce international à une situation ordinaire boostera la demande pour l’euro. Les cours augmenteront alors mécaniquement. À l’inverse, si la demande baisse, les cours suivront la même tendance. »
En définitive, la légère hausse de ce lundi sur le marché noir des devises ne constitue pas, pour l’heure, un signal fort. Il s’agit davantage d’un ajustement technique après une période de stabilité forcée.
Les cambistes restent attentifs. Les prochains jours seront décisifs. Tout dépendra de l’évolution de la crise au Proche-Orient et de ses répercussions sur les flux commerciaux internationaux qui alimentent, en grande partie, la dynamique du marché parallèle en Algérie.


