Le déficit commercial du secteur pharmaceutique marocain devrait continuer de se creuser dans les prochaines années, sous l’effet d’une progression des importations plus rapide que celle des exportations. Selon une analyse de Business Monitor International (BMI), filiale de Fitch Solutions, il pourrait atteindre 13,4 milliards de dirhams (environ 1,4 milliard de dollars) à l’horizon 2030.
Cette prévision intervient après une forte progression des importations pharmaceutiques en 2025. D’après les données reprises dans l’analyse de BMI, les importations ont augmenté de 17,4 % pour atteindre 11,9 milliards de dirhams, tandis que les exportations se sont établies autour de 1,6 milliard de dirhams, en hausse de seulement 1,2 % sur un an. Le déficit du secteur est ainsi passé de 9,2 milliards à 10,3 milliards de dirhams.
Un marché pharmaceutique en croissance
Cette évolution intervient dans un marché marocain des médicaments appelé à poursuivre sa progression. BMI prévoit que les ventes pharmaceutiques passeront de 35,8 milliards de dirhams en 2025 à 38,6 milliards en 2026, soit une croissance de 7,8 % en monnaie locale. Elles pourraient atteindre 46,3 milliards de dirhams en 2030.
Pour BMI, l’augmentation de la demande de médicaments et la progression des dépenses de santé devraient continuer à soutenir les importations à court terme. Les réformes visant à améliorer l’accès aux médicaments pourraient également contribuer à cette dynamique.
Le Maroc mise sur les génériques
Face à cette dépendance aux importations, le développement de la production locale et des médicaments génériques constitue l’un des principaux leviers identifiés par BMI.
La réforme du cadre réglementaire pharmaceutique doit notamment faciliter l’entrée de nouveaux médicaments génériques sur le marché et renforcer le rôle de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé.
BMI estime que le marché marocain des médicaments génériques pourrait atteindre 20,7 milliards de dirhams en 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 6,3 %.
Des droits de douane réduits sur certains médicaments
La politique d’accessibilité aux médicaments constitue un autre facteur susceptible de soutenir les importations. Le Maroc a notamment réduit en 2026 les droits de douane appliqués à certains médicaments, une mesure qui doit contribuer à réduire leur coût sur le marché national.
Selon BMI, ces mesures d’accessibilité, combinées à l’augmentation de la demande, pourraient cependant maintenir une pression à la hausse sur les importations pharmaceutiques.
Le scénario présenté par BMI reste toutefois une projection. L’évolution du déficit dépendra notamment de la capacité de l’industrie pharmaceutique marocaine à accroître sa production locale, à développer les médicaments génériques et à renforcer ses exportations.

