Pour réduire la masse de liquidités qui circule hors du système bancaire, la Direction générale des impôts a choisi l’incitation plutôt que la contrainte. Les banques et Algérie Poste absorbent les frais de transaction électronique et l’État allège leur facture fiscale en retour.
Quand un client paie par carte, la banque perçoit une commission sur l’opération. Cette commission, elle la répercute habituellement sur le commerçant, qui préfère souvent refuser le terminal plutôt que de la payer. Le liquide reste roi, les transactions échappent à toute traçabilité.
Le dispositif reconduit par la DGI inverse cette logique. Si la banque absorbe elle-même la commission sans la refacturer à personne, elle bénéficie d’une déduction sur sa base imposable à l’IBS. Ce que la banque cède d’un côté, elle le récupère partiellement sur sa facture fiscale. Le commerçant n’a plus d’argument économique pour refuser la carte.
L’article 114 de la loi de finances 2026 prolonge ce mécanisme jusqu’au 31 décembre, sans modification de fond. Simple reconduction du régime introduit l’an dernier par l’article 141 de la loi de finances 2025.

Faire rentrer l’informel dans le circuit bancaire sans y contraindre personne
L’enjeu réel est là. Une part considérable de la masse monétaire algérienne circule hors des banques, invisible au fisc. Chaque paiement électronique qui remplace un billet devient une transaction traçable. En agissant sur la rentabilité des banques plutôt que sur le comportement des commerçants, l’État espère que le changement viendra par le bas.
Une incitation qui ne tient que si les banques jouent le jeu
Rien n’oblige les établissements financiers à déployer davantage de terminaux, ni les commerçants à les accepter. La circulaire n° 07/MF/DGI/LF.2026, signée le 4 mars par le chef de la division législation fiscale Moussa Nasri, crée un avantage fiscal. Pas une obligation. La DGI demande à ses services de veiller à l’application du texte et de remonter toute difficulté. Pour l’heure, c’est tout ce que l’État exige.


