Les stocks de Metformine et de Levothyroxine existent bel et bien en Algérie, mais ils ne circulent pas assez vite jusqu’aux pharmacies. C’est le constat que dresse le ministère de l’Industrie pharmaceutique dans une note adressée aux établissements pharmaceutiques, consultée par la rédaction de Maghreb Émergent.
Ces deux produits, largement prescrits pour le traitement du diabète pour le premier et des troubles thyroïdiens pour le second, ont été signalés en situation de tension au niveau des officines.
Or, selon la note ministérielle, l’exploitation et la vérification des données communiquées par les services compétents du département ont permis d’établir que ces produits demeurent disponibles dans les stocks détenus par les établissements d’importation, de fabrication ou de distribution en gros. Le document ne précise ni les volumes de stock concernés, ni le nombre d’officines ayant signalé des ruptures, ni la période couverte par ce constat.
Face à ce décalage entre disponibilité en amont et pénurie en aval, le ministère instruit les établissements impliqués dans la chaîne d’approvisionnement des deux molécules à mettre sur le marché les stocks disponibles dans un délai de quarante-huit heures après réception des produits, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Une chaine d’approvisionnement en difficulté
La note s’attaque aussi à une pratique jugée perturbatrice pour le circuit de distribution. Les établissements de distribution en gros sont tenus d’adapter leurs approvisionnements aux besoins réels des officines et du marché, et sommés de réserver la distribution des produits pharmaceutiques uniquement aux officines.
Le texte leur demande explicitement de s’abstenir de toute vente horizontale entre établissements de distribution en gros, une pratique susceptible, selon le ministère, de perturber le fonctionnement normal du circuit. L’objectif affiché est de préserver la mission première des grossistes-répartiteurs et d’assurer une répartition régulière des produits pharmaceutiques sur l’ensemble du territoire national.
Le ministère prévient enfin que des missions d’inspection seront diligentées par ses services compétents afin de s’assurer de la stricte application de ces dispositions. Tout manquement constaté est susceptible d’entraîner des sanctions prévues par la réglementation en vigueur, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément.
Il est à noter que cette procédure s’inscrit dans la continuité d’une mesure similaire annoncée en avril 2026, par laquelle le ministère avait déjà enjoint aux producteurs de commercialiser leurs stocks de produits “en situation de tension ou de pénurie” dans un délai resserré.


