Pétrole: le baril ouvre à 112 dollars, Hormuz rallume la mèche

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Un pétrolier en transit dans le détroit d'Ormuz. Avec le baril à 112 dollars ce mardi matin, la prime géopolitique reprend ses droits. (Image archives)

Le Brent s’établit ce mardi matin à 112,61 dollars à l’ouverture, dans le sillage des attaques croisées de la veille dans le détroit. L’opération américaine « Project Freedom » a relancé l’engrenage, la trêve d’avril vacille.

Le baril de Brent pour livraison juillet ouvre ce mardi 4 mai à 112,61 dollars, le WTI s’établissant autour de 104 dollars, après une journée de lundi marquée par une flambée de plus de 5%. Le marché digère une séquence d’attaques croisées dans le détroit d’Hormuz, déclenchée par le lancement de l’opération « Project Freedom », annoncée la veille par Donald Trump sur Truth Social.

Washington a revendiqué hier le passage de deux navires sous pavillon américain, sous protection militaire. Téhéran a démenti tout transit effectif. Les Émirats arabes unis ont annoncé en parallèle avoir intercepté plusieurs missiles et drones iraniens, premières attaques contre eux depuis le cessez-le-feu d’avril. Un pétrolier vide d’ADNOC a été visé par des drones près du détroit. En soirée, Donald Trump a refusé, sur Hugh Hewitt, de dire si le cessez-le-feu était rompu, estimant que la guerre pouvait durer « deux ou trois semaines » et évoquant un baril potentiellement à 250 dollars. Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a prévenu ce mardi matin que Téhéran n’avait « même pas encore commencé » son bras de fer avec Washington.

Une trêve poreuse, un blocus maintenu

La trêve d’avril, négociée après l’échec des pourparlers d’Islamabad, n’a jamais coïncidé avec une réouverture du détroit. Téhéran a maintenu la fermeture aux navires occidentaux, tout en autorisant le transit contre paiement en yuan de bâtiments chinois, indiens, irakiens, pakistanais et thaïlandais. Le 13 avril, Donald Trump avait imposé un blocus naval américain sur les ports iraniens, prolongé sine die.

« Project Freedom » vise à évacuer 170 millions de barils bloqués à bord de 166 tankers, selon Kpler, qui estime qu’une réouverture pleine prendrait jusqu’à trois mois. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a promis un marché « abondamment approvisionné de l’autre côté de la crise ». Les opérateurs n’y ont pas cru : le prix moyen de l’essence aux États-Unis a atteint 4,46 dollars le gallon, plus haut niveau depuis quatre ans. L’économiste Abdelrahmi Bessaha avait pourtant averti dès mars que le risque principal n’était pas la disruption physique mais sa simple anticipation, désormais intégrée comme prime durable.

À six mois des élections de mi-mandat, l’inflation importée redevient un sujet politique pour la Maison Blanche, alors même que les exportations américaines de pétrole ont atteint 5,2 millions de barils par jour en avril. Depuis le 28 février, le Brent évolue dans une fourchette de 90 à 126 dollars, un plancher qu’aucune trêve n’a fait céder.

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