À la clôture des échanges de mardi 14 juillet et à la mi-séance du mercredi 15 juillet, le baril de Brent s’établissait à 85,33 dollars, en hausse de 0,60 dollar sur la séance précédente, soit une progression de 0,71 %, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) atteignait 79,99 dollars, en hausse de 0,65 dollar ou 0,82 %, portant à trois le nombre de séances consécutives de progression pour la référence de la mer du Nord.
La séquence hebdomadaire donne la mesure du retournement. Le WTI cotait 73,52 dollars le mercredi 8 juillet, puis 72,08 dollars le jeudi et 71,41 dollars le vendredi 10 juillet, point bas de la période. Il remontait à 78,14 dollars le lundi 13 juillet et clôturait à 79,34 dollars le mardi 14 juillet, une amplitude de plus de onze pour cent en trois séances qui efface la détente observée depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin.
Le marché avait pourtant purgé l’essentiel de la prime géopolitique au deuxième trimestre, le Brent y perdant près de 45 dollars, sa plus forte baisse trimestrielle depuis la crise financière de 2008, et le WTI environ 31 dollars, sa plus forte baisse depuis 2020. Mais pour les opérateurs, la nuance est de taille, puisque les cours s’échangeaient début juillet à des niveaux proches de ceux relevés avant le début des bombardements américano-israéliens du 28 février, hypothèse que les attaques du week-end ont invalidée.
Un blocus naval et un péage abandonné
Le commandement central américain (CENTCOM) a conduit dimanche 12 juillet plusieurs dizaines de frappes visant à dégrader la capacité iranienne à perturber le trafic maritime, opération reconduite le mardi 14 juillet sur les actifs militaires du littoral iranien pendant sept heures. Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones contre les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn, deux pétroliers émiratis ayant été touchés par des missiles de croisière, avec un membre d’équipage indien tué et huit blessés.
Le blocus naval des ports iraniens, entré en vigueur le mardi 14 juillet, a été assorti d’une proposition de prélèvement de 20 % sur la valeur des cargaisons transitant sous protection navale américaine, soit environ 32 millions de dollars pour un supertanker aux prix actuels, contre un maximum de 2 millions de dollars pour les anciens droits de transit iraniens. Le président américain a renoncé à ce péage le mardi 14 juillet, indiquant le remplacer par des accords commerciaux et d’investissement conclus avec les États du Golfe, annonce qui a fait brièvement refluer les cours avant la reprise de la hausse.
Le poids d’Ormuz dans l’équilibre mondial explique l’ampleur de la réaction. Avant le déclenchement de la guerre avec l’Iran, environ 20 % de l’approvisionnement pétrolier mondial empruntait ce détroit, dont dépendent également les flux de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, principal concurrent de l’Algérie sur le marché européen. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a pour sa part ramené sa prévision de croissance de la demande mondiale pour 2026 à 800 000 barils par jour.
Les niveaux retenus par les prévisionnistes
Les institutions financières ne retiennent pas l’installation durable des cours au-dessus du seuil actuel. UBS anticipe un Brent à 85 dollars le baril à la fin des troisième et quatrième trimestres 2026, quand Goldman Sachs a abaissé sa cible à 80 dollars à l’horizon 2027. Le consensus Bloomberg du 2 juillet attendait le Brent à 83 dollars au troisième trimestre et à 78 dollars au quatrième, avec une moyenne annuelle de 83 dollars pour 2026 et de 72 dollars pour 2027. « Dans le scénario de base, le Brent devrait probablement évoluer dans une fourchette de 75 à 85 dollars au cours du mois prochain », relève Aneeka Gupta, directrice de la recherche macroéconomique chez WisdomTree, borne haute atteinte ce mercredi.
Deux échéances structurent désormais le calendrier. La révocation par Washington de la dérogation temporaire aux sanctions sur le pétrole iranien prend effet le 17 juillet, et le rétablissement du trafic de pétroliers dans le détroit, condition d’un reflux des cours, demeure suspendu aux garanties de sécurité réclamées par les armateurs et leurs assureurs de guerre.

