Pétrole : le Brent franchit les 110 dollars

Maghreb Emergent
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Le baril de pétrole Brent s’établissait ce matin à 110,07 dollars, en hausse de 0,74%, tandis que le brut WTI progressait à 102 dollars (+0,97%), selon les données du marché relevées à 11 heures.

La remontée des cours ces dernières semaines s’explique en grande partie par l’impasse des négociations américano-iraniennes. Le 11 mai, le Brent avait bondi de 4,5% en une seule séance après que Donald Trump a qualifié d’ « inacceptable » la contre-proposition de Téhéran à la proposition de paix américaine. Quelques jours plus tard, Trump déclarait que l’accord était désormais « en soins palliatifs », écartant à court terme toute perspective d’allègement des sanctions sur le pétrole iranien.

Le conflit a toutefois connu des rebonds brutaux dans les deux sens. En mars, une simple déclaration de Trump sur le report de frappes contre des centrales iraniennes avait fait chuter le Brent de près de 10% en une séance. Début mai, l’annonce d’un accord « très possible » avait à nouveau précipité les cours sous les 102 dollars. Cette volatilité illustre à quel point les marchés sont désormais pilotés par les déclarations politiques plus que par les fondamentaux.

Chine-Trump : une deuxième variable de poids

La demande chinoise constitue l’autre variable structurante. Mi-mai, le Brent avait reculé de 2% dans l’attente d’une réunion entre Trump et Xi Jinping, les opérateurs cherchant à mesurer les effets potentiels d’une détente commerciale sino-américaine sur la consommation d’hydrocarbures. La Chine consomme aujourd’hui autour de 17 millions de barils par jour et son poids dans la fixation des prix est tel que certains analystes estiment qu’elle a partiellement remplacé l’OPEP+ dans le rôle d’arbitre des cours.

L’OPEP+ en arrière-plan

Du côté de l’offre, la donne a sensiblement changé depuis le début de l’année. L’OPEP+ a procédé à trois hausses consécutives de production : +206 000 barils/jour en avril, +206 000 barils/jour en mai, puis +188 000 barils/jour décidés pour juin. Ces augmentations restent toutefois largement symboliques : tant que le détroit d’Ormuz demeure perturbé par le conflit iranien, les volumes supplémentaires ne peuvent pas atteindre les marchés mondiaux.

Le choc le plus structurel est venu d’ailleurs : le 1er mai 2026, les Émirats arabes unis ont officiellement quitté l’OPEP et l’OPEP+ après 59 ans d’adhésion, supprimant tous leurs plafonds de production. Abu Dhabi, qui produisait entre 3,2 et 3,4 millions de barils par jour sous quota, dispose d’une capacité réelle proche de 4,8 millions de barils/jour et peut désormais la mobiliser librement, en s’appuyant sur l’oléoduc Habshan-Fujairah qui contourne le détroit d’Ormuz. Ce départ affaiblit la capacité collective de l’organisation à réguler l’offre, au moment précis où Riyad et Moscou cherchent à reprendre le contrôle d’un marché sous haute tension géopolitique

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