Après Jil Jadid, c’est au tour du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et du Mouvement de la société pour la paix (MSP) de dénoncer le rejet par l’administration de plusieurs de leurs listes électorales pour les législatives prévues le 2 juillet 2026.
Dans un communiqué particulièrement virulent, rendu public ce jeudi, le RCD affirme avoir vu plusieurs de ses candidatures rejetées, notamment sa liste à Alger, « capitale politique du pays », sans « aucune explication convaincante ». Le parti évoque des « refus arbitraires », des « entraves administratives répétées » et des « obstacles délibérément dressés » contre ses candidats.
Selon le RCD, ces décisions s’inscrivent dans une campagne de « répression politique » menée depuis le Hirak et visant à neutraliser les forces d’opposition. Le parti estime que « tous les instruments du verrouillage politique » ont été mobilisés pour tenter d’effacer le RCD du paysage politique et institutionnel.
Le parti de Atmane Mazouz affirme que l’administration cherche désormais à « élaborer ses propres listes » pour les partis politiques, en procédant à travers des « filtres administratifs, des rejets sélectifs et des validations opaques ». Une stratégie qui, selon lui, vise à « façonner un personnel politique conforme aux exigences de l’allégeance ».
“Une machine d’exclusion et de neutralisation du pluralisme”
Le RCD dénonce également l’utilisation de notions jugées floues comme les « activités suspectes », qui serviraient, selon lui, de prétexte pour écarter des militants et cadres politiques sans décisions judiciaires définitives.
« Nous ne sommes plus devant de simples irrégularités administratives », écrit le parti, qui estime assister à « un verrouillage politico-administratif assumé, destiné à réduire l’un des rares partis d’opposition encore debout ».
Le communiqué évoque aussi des menaces directes contre le pluralisme politique et les garanties démocratiques. Le RCD considère que cette situation traduit une volonté de « consacrer l’accaparement des institutions par une alliance de fait entre forces islamo-conservatrices, partis d’allégeance et appareils administratifs ».
Le parti affirme en outre avoir recueilli de nombreux témoignages faisant état de « refus, blocages, invalidations et entraves » ayant touché des candidats dans plusieurs wilayas ainsi qu’au sein de la diaspora.
Face à cette situation, le RCD annonce avoir introduit des recours judiciaires pour contester les décisions de rejet. Le parti dit vouloir poursuivre « la bataille juridique et politique » afin de défendre « la transparence des élections », « la neutralité des institutions » et « le droit des citoyens à une représentation libre et pluraliste ».
Le MSP met en garde contre une atteinte à la crédibilité du scrutin
De son côté, le MSP a lui aussi exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’exclusion de plusieurs listes et candidats. Dans un communiqué signé par Abdelali Hassani Cherif, le mouvement islamiste estime que certains rejets reposent sur « des interprétations administratives » et des « appréciations discrétionnaires » ne s’appuyant pas sur des décisions judiciaires définitives.
Le MSP considère que cette situation donne l’impression d’une volonté de « remodeler à l’avance le paysage électoral et d’en contrôler les résultats ».
Tout en affirmant son respect des institutions de l’État, le parti souligne que la crédibilité du processus électoral exige « un strict respect de l’esprit de la Constitution et de la loi », loin de toute pratique pouvant laisser penser à une sélection politique des candidats.
Le mouvement insiste également sur le fait que le droit de candidature constitue « un droit constitutionnel garanti » qui ne peut être limité que sur la base de décisions de justice définitives rendues par des juridictions compétentes et indépendantes.
Le MSP avertit enfin que toute restriction du pluralisme politique ou affaiblissement de la concurrence électorale risque d’alimenter « l’abstention » et « la perte de confiance dans l’action politique », appelant les autorités à intervenir afin de garantir « un climat électoral intègre et transparent ».


