Sidérurgie : après le rond à béton, Washington taxe un nouveau produit algérien à 73,33%

Après le rond à béton, Washington vient d'imposer une nouvelle taxe à l'acier algérien, cette fois sur le fil machine, accusant l'exportateur SPA Algerian Qatar Steel et l'État algérien d'avoir refusé de coopérer à son enquête sur les subventions publiques.

3 min de lecture
Des bobines de fil machine en acier stockées dans une usine d'Algerian Qatari Steel (AQS), le produit visé par la nouvelle taxe américaine de 73,33 %. ©AQS
Ajoutez Maghreb Émergent sur Google pour trouver du contenu similaire

Le département américain du Commerce a fixé, le 18 septembre 2026, un droit compensateur de 73,33 % sur les importations de fil machine en acier en provenance d’Algérie. La mesure, calculée en l’absence de toute coopération de l’exportateur visé et du gouvernement algérien, s’ajoute à celle déjà imposée en mars dernier sur le rond à béton, confirmant une pression tarifaire croissante sur la filière sidérurgique nationale.

La décision, publiée au Federal Register sous la référence 91 FR 59107, fait suite à une enquête ouverte le 1ᵉʳ mai 2026 après une plainte déposée par cinq producteurs américains, Charter Steel, Commercial Metals Company, Liberty Steel USA, Nucor Corporation et Optimus Steel. Seule entreprise algérienne individuellement examinée, SPA Algerian Qatar Steel se voit attribuer un taux de 73,33 %, explicitement qualifié par l’administration américaine de « fondé sur les faits disponibles, avec inférence défavorable ». Le même taux est étendu à la catégorie « tous les autres » exportateurs algériens du produit, faute de toute autre base de calcul disponible.

Ce nouveau dossier s’inscrit dans une offensive tarifaire américaine désormais installée contre la sidérurgie algérienne, Washington ayant déjà imposé une taxe antidumping de 127 % sur le rond à béton en fin d’année dernière. Deux produits distincts frappés en l’espace de quelques mois, cela questionne la capacité du secteur à diversifier ses débouchés à l’export, alors que l’Algérie avait multiplié les opérations record, comme ce chargement de 29 000 tonnes d’acier au port de Djen Djen ou cet envoi historique bouclé en 14 jours.

Ce que prévoit la procédure hors Accord sur les subventions

La note américaine précise qu’« aucune détermination de préjudice matériel n’est nécessaire » dans cette procédure, ce qui dispense Washington de prouver un préjudice économique pour son industrie avant d’imposer la taxe. Ce raccourci procédural découle du statut de l’Algérie, non partie à l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur les subventions. Faute d’appartenance à l’organisation, dont l’adhésion est négociée depuis 1987 sans aboutissement, l’Algérie ne dispose d’aucun recours auprès de l’organe de règlement des différends pour contester la mesure.

L’absence de vérification sur place aggrave le constat. L’administration américaine indique que « le seul répondant, SPA Algerian Qatar Steel, n’ayant pas participé à l’enquête, et le gouvernement algérien n’ayant pas fourni les informations demandées, Commerce n’a procédé à aucune vérification ». Le taux retenu ne reflète donc aucune donnée vérifiée sur les subventions réellement perçues par l’entreprise, mais la sanction la plus sévère prévue par la loi américaine en cas de non-coopération.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article