Sonatrach et Eni prolongent leur chantier climat, à quatre mois de l’entrée en vigueur du règlement méthane européen

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Torchère de gaz sur un site de production pétrolière. L'Algérie a réduit de 5 % ses volumes de gaz brûlé en 2024. (DR)

Sonatrach et Eni ont signé, le 17 août 2026 à Alger, un protocole d’intention visant à identifier de nouvelles initiatives de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de méthane, dans la continuité d’un mémorandum conclu en 2023 entre les deux groupes.

Le texte prolonge des travaux entamés il y a de cela trois ans sur le torchage, l’efficacité énergétique et la mesure des émissions fugitives. Aucun contrat d’exploration ni de volet commercial cette fois, mais un cadre technique de plus dans la série de protocoles que Sonatrach accumule avec ses partenaires étrangers. Un mois plus tôt, c’était Siemens Energy qui rouvrait un dossier voisin, sur le même registre de réduction du torchage routinier.

Ce que la coopération avec Eni a déjà produit

Sur le terrain, le mémorandum de 2023 a débouché sur une campagne conjointe de détection et de réparation des fuites, l’acronyme LDAR revenant dans presque chaque bilan technique publié par les deux groupes depuis. Ces mesures, menées d’abord en binôme, sont aujourd’hui reprises seules par les équipes des groupements exploités en commun. Six installations partagées entre Sonatrach et Eni ont fait l’objet d’une évaluation de leurs émissions de référence, socle sur lequel s’appuiera la suite du programme.

L’Algérie a par ailleurs enregistré en 2024 la deuxième meilleure performance mondiale en matière de réduction du torchage, avec 5 % de volumes brûlés en moins sur un an, selon la Banque mondiale. Le gaz qui continue de partir en torche représente pourtant un gouffre financier, chiffré à plusieurs milliards de dollars annuels pour l’économie du pays.

Bruxelles fixe l’échéance, assouplit la sanction

Le règlement européen sur le méthane importé, adopté fin 2024, doit entrer en application en janvier 2027. Il obligera les producteurs situés hors de l’Union à mesurer, déclarer et faire vérifier par des audits indépendants leurs émissions de méthane, torchage compris. Alger a d’abord attaqué le texte sur le terrain diplomatique, en faisant front commun avec les États-Unis, le Qatar et le Nigeria pour en contester les modalités. La Commission a maintenu le règlement en l’état, mais a cédé sur son volet répressif : elle a recommandé, le 20 juillet, un report de trois ans des sanctions financières, sans toucher à l’échéance de janvier 2027 pour les obligations de déclaration elles-mêmes.

Le protocole avec Eni avance sur un autre front, celui des données à produire le jour où le règlement s’appliquera vraiment. Le groupe italien a lui-même intérêt à documenter la conformité du gaz qu’il importe d’Algérie : il a élargi son partenariat avec Sonatrach lors de la visite d’Abdelmadjid Tebboune à Rome, et le gazoduc Transmed continue d’acheminer une part conséquente de son approvisionnement gazier.

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