Le premier ministre Sifeddine Gharib s’est rendu ce lundi au Tchad où il posera la première pierre d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Farcha, zone industrielle de N’Djamena. L’ouvrage sera construit par Sonelgaz International et remis gratuitement au Tchad à sa livraison.
La délégation algérienne comprenait Mohamed Arkab, ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, et Abed Halouze, directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement. Côté tchadien, le premier ministre Allahamdou Lamaye avait réuni plusieurs membres de son gouvernement pour accueillir la délégation à l’aéroport international de N’Djamena.
40 mégawatts pour une capitale sous tension
N’Djamena souffre de coupures récurrentes. Le réseau tchadien, l’un des moins développés du continent, couvre moins de 10 % de la population nationale selon les données de la Banque mondiale. La capitale concentre l’essentiel de la production installée, estimée à quelques centaines de mégawatts pour une demande en hausse constante. Les 40 mégawatts de Farcha ne résoudront pas le déficit structurel, mais ils représentent un apport sensible pour l’alimentation des quartiers industriels de la ville.
Le format est identique à celui appliqué au Niger cinq jours plus tôt. Gharib avait inauguré le 3 juin à Niamey la centrale de Gorou Banda, elle aussi de 40 mégawatts, elle aussi financée et construite par Sonelgaz International, elle aussi remise à titre de don. La différence entre les deux opérations tient au calendrier : la centrale nigérienne était achevée, celle de Farcha sort tout juste de terre.
Hydrocarbures en arrière-plan
Les deux premiers ministres ont tenu une session de travail bilatérale avant la cérémonie. Les échanges ont porté, selon le communiqué officiel, sur les hydrocarbures et les perspectives d’une coopération élargie. La présence d’Arkab dans la délégation, à un rang de ministre d’État, donne à ces discussions un poids qui dépasse le seul volet électrique.
Sonatrach avait signé en janvier 2026 un mémorandum d’entente avec la compagnie nationale tchadienne en marge du salon SIMECA à N’Djamena, en présence d’Arkab. Le texte portait sur l’exploration, le développement et le transport des hydrocarbures. Moins d’une semaine avant la visite à N’Djamena, Arkab avait signé à Alger un accord similaire avec la RDC, confirmant le rythme soutenu des engagements énergétiques algériens vers le sud du continent.
Gharib doit rencontrer dans la journée le président Mahamat Idriss Déby Itno pour un échange sur les dossiers régionaux. Le Tchad et l’Algérie partagent une frontière de près de mille kilomètres dans le Sahara central et coordonnent leurs positions sur plusieurs dossiers sécuritaires au Sahel.
La date de livraison de la centrale de Farcha n’a pas été précisée dans les communications officielles des deux parties.

