Attendu comme le futur poumon économique de la région, le projet de la zone industrielle d’El Kseur accuse un retard critique. Entre lourdeurs administratives et contraintes du terrain, le constat dressé par l’APW de Béjaïa est sans appel.
Dimanche 13 septembre 2026, la commission investissement, équipement, développement local et emploi de l’APW de Béjaïa s’est rendue sur place, aux côtés du directeur local de l’Agence algérienne pour la promotion de l’investissement (AAPI). Sur le terrain, l’écart entre les ambitions affichées et la réalité du chantier suscite une vive inquiétude. Inscrit dès 2016 pour redynamiser le tissu économique local, ce pôle de 175 hectares à cheval sur El Kseur et Fenaïa Ilmaten devait accueillir 135 lots destinés à l’agroalimentaire, la mécanique, la chimie, la pharmacie et le textile. Une décennie plus tard, la dynamique est au point mort.
Selon les données réunies par les élus de la wilaya, l’AAPI n’a attribué que 23 parcelles à ce jour, dont trois ont déjà fait l’objet d’une annulation. Le bilan sur le plan des investissements effectifs s’avère tout aussi famélique : seuls quatre opérateurs ont engagé des travaux sur les 20 lots actés.
Glissements de terrain et bureaucratie : les obstacles s’accumulent
Ce retard s’explique par un véritable parcours du combattant pour les investisseurs, confrontés à la fois à d’imposantes contraintes réglementaires et à des complexités géologiques majeures. D’un côté, l’élaboration des études de danger et de sol accuse un retard considérable qui freine l’octroi des autorisations. De l’autre, une partie du site est directement menacée par des risques réels de glissement de terrain, une instabilité géotechnique qui exige la planification de travaux de confortement spécifiques avant le moindre coup de pioche. Face à ce double verrou administratif et technique, le rythme d’avancement du chantier reste insignifiant, voire totalement nul pour la majorité des projets retenus.
Vers une mise en service repoussée à 5 ou 10 ans ?
Pour l’APW, l’horizon d’une entrée en exploitation s’éloigne dangereusement. Sans un choc de simplification et une prise en charge rapide des contraintes techniques, le pôle industriel pourrait mettre encore 5 à 10 ans avant d’être pleinement operational.
Face à cette menace d’enlisement, la commission de wilaya appelle le gouvernement et les autorités locales à intervenir en urgence pour lever les verrous administratifs et traiter les contraintes du sol.
Ce blocage intervient dans un contexte de forte tension sur le foncier industriel et touristique dans la wilaya de Béjaïa, où la rareté des terrains freine de nombreuses initiatives privées.
Pourtant, le site d’El Kseur porte d’immenses promesses : il doit permettre le déploiement de nouvelles unités de production, l’extension d’entreprises locales et la création de milliers d’emplois pour la jeunesse de la région. Mais pour transformer ces 175 hectares en levier de croissance, le temps n’est plus aux constats : l’accélération des aménagements est aujourd’hui une urgence absolue.


