Adieu à l’ami et confrère Youssef Zerarka

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Youssef Zerarka, un journaliste chaleureux, passionné de tout

Notre confrère et ami Youssef Zerarka est mort ce mardi 21 avril des suites d’un lymphome fulgurant. L’annonce, faite par sa famille, suscite de la stupeur et de la tristesse. On avait beau savoir que le moment du départ approchait vite, on restait accroché à l’espoir d’un miracle.


Youssef est un collègue avec qui j’ai travaillé. S’il y a un mot pour dire son rapport au métier de journalisme, c’est l’enthousiasme. Un enthousiasme débordant qui poussait à transformer même les contraintes apportées par un ordre qui ne veut pas changer à l’exercice du métier en source de rire et de plaisanteries. On ne sait pas quel bout raconter Youssef tant il touchait à tout avec un brio et une verve remarquable. Le sport – et notamment le football – où il a travaillé sous la direction pleine de bonhomie de Said Selhani.

Qui peut oublier ces discussions qui apportaient les vents passionnées de stades dans les locaux de l’agence APS et où ils refaisaient les matchs avec ses compères. De notre sage case du desk international, nous étions nombreux à tendre l’oreille à ces “disputes” amicales qui transformaient l’austère agence en un joyeux forum. Curieux de tout et d’un contact facile avec les gens, il est devenu l’ami des aînés. Au point de devenir une mine d’information sur les parcours des journalistes qui ont fait l’agence post-indépendance. C’était, de l’avis de tous, le meilleur chroniqueur de l’histoire des femmes et des hommes de l’aps. Et même de la presse nationale. Ces journalistes aînés, il en parlait avec une bienveillance sans pareille.


Ceux qui visitent la page facebook de Youssef peuvent le voir en situation de couverture avec des photos qui marquent comme avec feu Yasser Arafat. Mais Youssef n’est pas seulement un journaliste sportif, métier qu’il continuera chez Bein après avoir quitté l’agence. Ce garçon passionné d’histoire prenait régulièrement son café au Miyanis avec son ami Dahmane et Mohamed Harbi. Déjà très curieux de l’histoire nationale – et du combat libérateur – ce contact avec le grand historien, en a fait une passion. Youssef n’était pas historien, mais il était devenu de fait l’ami des historiens. Et il m’apprenait, bien avant que cela ne soit public, des projets en cours des nouveaux historiens algériens. Et il le faisait avec une admiration communicative. Youssef était aussi un passionné de chaabi. Il pouvait parler et écrire longuement d’El Anka, de Guerrouabi, de Zahi et de tant d’autres.


Il y a quelques jours. Dans l’espoir que sa fille le lui lira, j’ai écrit ce texte pour lui.
Cher Youssef
Comme tu le sais, je sais mieux écrire que parler. Alors je t’écris pour te dire combien tu es important dans la vie de beaucoup. Celle des tiens, que tu entoures d’affection et dont j’ai appris à connaître les noms dans tes pseudos. Mais aussi pour beaucoup de tes amis et — tu ne peux pas t’imaginer combien ils sont nombreux — pour tous ces gens qui ne te connaissent qu’à travers tes écrits.


Avec ma manie de la concision, je t’avais déjà dit maintes fois combien tu m’épates. Avoir une vie si dense après l’APS et autres n’est pas donné à n’importe qui. Tu possèdes le feu sacré, celui qui te pousse à emprunter des voies nouvelles. Dans ce voyage, j’ai toujours aimé ta joie d’enfant — la meilleure qui soit — devant ce que tu découvres, et surtout, ta générosité à le partager.


Tu t’emportes parfois car l’émotion te submerge vite ; la souffrance des autres t’est pénible. L’injustice, et dans ton cas la jalousie de te voir toujours alerte et créatif, t’ont souvent mis en colère ou en tristesse. Mais là où tu es le plus fort, c’est que cela n’a pas déteint sur toi : cela ne t’a rendu ni acrimonieux, ni n’a effacé ton sens de l’humour. Et encore moins ta générosité. Personne n’a dit autant de bien de ses confrères, des artistes, des historiens, des gens du football et tant d’autres. J’en oublie et, sans doute, j’en ai raté.


Mais j’en ai appris des choses grâce à toi. Et de bonnes choses. J’espère de tout cœur, et je prie Dieu pour cela, que ce sera encore le cas pour longtemps.


Ce texte, je le reproduis aujourd’hui, pour dire combien Youssef va nous manquer.
Youssef ne nous quitte pas tout à fait ; il nous laisse ses enthousiasmes en partage.

À sa famille, à ses amis de Bab el oued, du Miyanis, et à tous ceux qui l’ont lu, il lègue cette curiosité insatiable qui rendait la vie plus dense. Allah yerahmou.
Allah Yerham Youssef Zerarka.

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