Agrodiv accélère sa mue industrielle : nouvelles unités, actifs récupérés et ambitions à l’export

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La holding publique agroalimentaire, Agrodiv, annonce pour 2026 un programme d’expansion centré sur le lancement de nouvelles unités de production et la remise en activité d’actifs industriels récupérés par l’État. Une stratégie qui s’inscrit, selon son directeur général par intérim, Salim Djenaihi, dans un contexte plus large de reconstitution du tissu industriel public algérien, mais dont les résultats restent encore à démontrer à grande échelle.

Créée en février 2015 à la suite de la fusion de trois sociétés de gestion des participations — CEGRO, COJUB et TRAGRAL- Agrodiv est spécialisée dans l’agro-industrie dans toute sa diversité, avec une stratégie d’intégration de filière. Une décennie après sa création, la holding sous tutelle du ministère de l’Industrie se retrouve propulsée au cœur de la politique de reconquête industrielle de l’État algérien.

Son directeur général par intérim, Salim Djenaihi, a précisé, à l’APS, que le groupe entend en 2026 lancer de nouvelles unités de production « modernes et avancées » tout en réactivant celles récupérées dans le cadre de la politique de réintégration des actifs confisqués dans le circuit économique.

Agrodiv a récupéré 34 unités industrielles confisquées, dont plusieurs usines de production de farine et de pâtes situées à Guelma, Djelfa et M’sila, ainsi que des unités spécialisées dans la conserverie de thon et de sardines, la fabrication de boissons et la transformation de produits alimentaires divers.

2025 : année de consolidation, 2026 : passage à l’offensive

En 2025, le groupe a opté pour une démarche progressive d’intégration. Parmi les entités absorbées figurent la filiale boissons et conserves « Nechaou » ainsi que la filiale « Céréales et Conserves de l’Est ». Selon la direction, ces intégrations ont suivi une approche organisationnelle « réfléchie » ayant permis un « passage en douceur » de ces structures.

Sur le plan financier, le groupe avait clôturé l’exercice 2022 avec un chiffre d’affaires de 52,8 milliards de dinars et un résultat net de 3,65 milliards, contre 2,56 milliards en 2021, soit une progression de plus de 42 % du bénéfice net — une trajectoire ascendante que la direction entend poursuivre et amplifier. La direction affirme que les exercices suivants ont confirmé ce cap, avec une hausse « sensible » des volumes d’activité et des taux d’utilisation des capacités dans l’ensemble des unités.

Expansion au Sud : des chiffres concrets

L’un des volets les plus tangibles de la stratégie d’Agrodiv réside dans son déploiement vers les régions du Sud. Pour la wilaya de Béchar, le groupe prévoit une unité d’aliments de bétail d’une capacité de 70 tonnes/jour et une unité de pâtes alimentaires d’une capacité de 24 tonnes/jour.

Pour la wilaya d’Adrar, il s’agit d’une minoterie de 100 tonnes/jour et d’un grand complexe minoterie-semoulerie-pâtes alimentaires d’une capacité de 660 tonnes/jour. Une demande portant sur l’octroi de 20 000 hectares de terres agricoles à Adrar pour développer la céréaliculture aurait également été déposée, selon des informations relayées par des médias économiques algériens.

Le complexe de Corso (wilaya de Boumerdès), resté à l’arrêt depuis 21 ans après le séisme de 2003, a lui aussi été relancé en 2024 : il abrite 36 silos d’une capacité totale de 100 000 tonnes de céréales et une minoterie capable de produire près de 400 tonnes de farine de blé par jour. Une remise en service qui illustre concrètement l’ampleur du potentiel industriel dormant que le groupe cherche à mobiliser.

Un secteur stratégique, mais sous-exploité

Ces ambitions s’inscrivent dans un secteur porteur mais encore fragilisé. L’agroalimentaire algérien représente 14 milliards de dollars de valeur produite, répartie sur 47 200 entreprises et mobilisant près de 1,6 million d’emplois directs. Il constitue la deuxième industrie du pays derrière les hydrocarbures, avec une croissance annuelle de 7 %. Pourtant, les exportations agroalimentaires algériennes ne dépassent pas 400 millions de dollars, concentrées sur quelques marchés (Jordanie, France, Espagne, Maroc) et quelques produits phares comme le sucre, les dattes et les produits de la mer.

Ce gap entre potentiel industriel et performance à l’export constitue précisément le terrain sur lequel Agrodiv prétend jouer un rôle structurant. Le groupe vise les marchés africains avec des produits comme l’huile d’olive et les pâtes sans gluten, dans le cadre d’une stratégie d’expansion appuyée par des mémorandums d’entente signés lors d’un salon commercial intra-africain récemment organisé en Algérie.

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