Mohamed Arkab, ministre d’État aux Hydrocarbures, a reçu lundi à Alger le président exécutif d’Abunayyan Holding, Turki bin Saeed Al Amri, pour examiner ces opportunités de partenariat industriel dans le dessalement de l’eau de mer, selon un communiqué du ministère.
Abunayyan n’arrive pas en terrain inconnu. Sa filiale WETICO a déjà participé à la construction de plusieurs stations de dessalement sur le littoral algérien. L’entreprise n’a donc rien d’un nouvel entrant qui teste le marché, elle y vend déjà de l’équipement, et cherche maintenant à y implanter une présence industrielle et une offre de formation.
Deux projets, un centre industriel et une académie
Le groupe saoudien détaille deux propositions. La première est un centre industriel d’assemblage et de maintenance pour les équipements de dessalement, avec l’ambition de fournir sur place les services techniques que le groupe importait jusque-là. La seconde est une antenne algérienne de son “académie de l’énergie et de l’eau”, pour former les cadres qui géreront ces stations, en complément de la fabrication locale de membranes déjà évoquée en janvier.
Fin janvier, la précédente rencontre entre les deux hommes portait sur les mêmes grands thèmes, coopération, investissement, localisation des membranes, mais sans qu’aucun de ces deux projets soit encore nommé.
Arkab a salué ces initiatives, qu’il juge conformes aux orientations du gouvernement sur l’intégration nationale, la localisation des industries stratégiques et l’emploi. Il a promis que le secteur, via la Société algérienne de dessalement de l’eau et les structures de tutelle, mettrait les facilités nécessaires pour que ces projets se concrétisent sur le terrain.
Un programme national qui vise 60 % de couverture en 2030
Le programme national de dessalement vise 60 % de couverture des besoins en eau potable d’ici 2030, contre 42 % aujourd’hui assurés par les dix-neuf stations en service, une trajectoire que Maghreb Émergent détaillait en juin, quand l’Algérienne de dessalement des eaux (ADC) avait signé trois accords avec des instituts de recherche pour former des compétences locales et valoriser la saumure. L’académie proposée par Abunayyan reprend, sous capitaux saoudiens, une logique déjà engagée côté algérien.
Le dessalement, en Algérie, n’a pourtant rien d’une machine parfaitement huilée. La gestion de l’eau reste éclatée entre plus de 300 communes, et la rénovation des réseaux, bien moins visible qu’une inauguration de station, pèse tout autant sur la sécurité hydrique du pays.
À la rencontre de lundi assistaient l’ambassadeur saoudien Abdullah Bin Nasser Al-Bussairi et le PDG d’ADC Lahcen Bada, aux côtés de cadres du ministère. Le PDG de Sonatrach, lui, n’apparaît pas dans la liste des présents cette fois, un détail à replacer dans son contexte : Arkab a perdu les Mines lors du remaniement d’avril, qui a resserré son portefeuille aux seuls hydrocarbures.


