Algérie : le panier de la ménagère flambe en août

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panier plus cher en Algérie

Le panier de la ménagère coûte plus cher en Algérie en août 2026. En l’espace de seulement deux mois, plusieurs produits alimentaires et de consommation courante ont enregistré des augmentations importantes. Œufs, volaille, pommes de terre, salade, bananes, eau en bouteille, jus ou encore couches pour bébé : la hausse touche désormais de nombreuses dépenses quotidiennes des familles.

Cette évolution inquiète les ménages, particulièrement ceux dont les revenus sont déjà fortement sollicités par les dépenses alimentaires. L’accumulation de ces augmentations fragilise davantage le pouvoir d’achat des Algériens.

Prix des œufs : une hausse de plus de 60 % en deux mois

Les œufs illustrent particulièrement cette flambée des prix. En juin 2026, le plateau de 30 œufs était vendu dans les magasins entre 310 et 330 dinars.

Ce 13 août, le même plateau s’affiche désormais entre 520 et 540 dinars. La progression atteint ainsi 190 à 230 dinars par plateau. En termes de pourcentage, cela représente une hausse comprise entre 57,6 % et 74,2 %, selon le prix de départ et le prix actuel retenus. En comparant les moyennes des deux fourchettes, le prix passe d’environ 320 à 530 dinars, soit une augmentation de 210 dinars, équivalente à 65,6 %.

Pour les familles qui consomment régulièrement des œufs, cette évolution se traduit directement par une augmentation de la facture alimentaire.

Le poulet vivant augmente de près de 30 à 44 %

La volaille connaît également une forte progression. Le 27 juin 2026, le prix du poulet vivant se situait entre 250 et 280 dinars le kilogramme. Ce 13 août, il atteint désormais 350 à 360 dinars le kilogramme.

La hausse est donc de 70 à 110 dinars par kilogramme. En pourcentage, elle représente entre 25 % et 44 %, selon les valeurs comparées. Sur la base des prix moyens, le poulet passe de 265 à 355 dinars le kilogramme, soit une augmentation de 90 dinars, ou 34 %.

Cette envolée intervient alors que le marché avicole a déjà connu plusieurs épisodes de tension cet été. Des hausses rapides avaient notamment été observées dès juillet sur les marchés de gros et de détail.

La pomme de terre, la salade et les bananes flambent

La hausse ne se limite pas aux œufs et à la volaille. Plusieurs produits agricoles très consommés par les ménages affichent également des augmentations importantes depuis juin. La pomme de terre a ainsi augmenté d’environ 20 à 30 dinars le kilogramme.

La salade a, pour sa part, enregistré une progression comprise entre 50 et 80 dinars le kilogramme en l’espace de deux mois. Mais c’est surtout la banane qui affiche l’une des plus fortes augmentations. Son prix a progressé de plus de 250 dinars le kilogramme entre juin et août, faisant de ce fruit un produit nettement plus coûteux pour les consommateurs.

L’eau et les produits de consommation courante également concernés

La hausse concerne aussi des produits qui peuvent sembler moins sensibles aux fluctuations du marché agricole. La bouteille d’eau de 1,5 litre coûte désormais environ 5 à 10 dinars de plus qu’en juin dernier. Les jus, les couches pour bébé et d’autres produits de consommation courante ont également vu leurs prix progresser.

Pris séparément, certains de ces écarts peuvent sembler limités. Mais leur accumulation sur l’ensemble du panier mensuel finit par représenter une dépense supplémentaire significative pour les ménages.

Trois facteurs derrière la hausse des prix

Cette augmentation généralisée s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. Le premier est lié à l’inflation importée.

L’augmentation du coût de certaines matières premières, des emballages en plastique et en papier ainsi que des coûts de transport internationaux finit par se répercuter sur les prix en Algérie. Les tensions au Moyen-Orient ont notamment provoqué des perturbations sur les marchés de l’énergie et de certaines matières premières. Le plastique, fortement dépendant des hydrocarbures, a lui aussi subi des tensions de prix liées aux perturbations des approvisionnements.

La hausse des coûts de fret constitue également un facteur supplémentaire. Pour les entreprises qui importent des matières premières, des emballages ou certains produits, l’augmentation du coût du transport peut se transmettre progressivement au prix final payé par le consommateur.

Le deuxième facteur est climatique. Le nord de l’Algérie a été durement touché par une vague de chaleur et des incendies durant le mois de juillet. Dans la filière avicole, les fortes températures peuvent affecter la production et augmenter les pertes. Les incendies ont également détruit certaines exploitations, réduisant davantage l’offre disponible.

Or, lorsque l’offre diminue alors que la demande reste importante, la pression sur les prix augmente. Le phénomène est particulièrement visible sur les marchés de la volaille et des œufs. Plus généralement, les épisodes de chaleur extrême peuvent provoquer des tensions sur l’approvisionnement en produits agricoles et d’élevage.

Le troisième facteur concerne la demande, qui augmente traditionnellement durant la période estivale. L’arrivée massive des membres de la diaspora algérienne pour passer les vacances au pays stimule la consommation.

À cela s’ajoute la saison des fêtes de mariage, particulièrement active durant l’été en Algérie. Les célébrations entraînent une demande supplémentaire en viandes, fruits, légumes et autres produits alimentaires. La combinaison d’une offre sous pression et d’une demande saisonnièrement plus forte contribue ainsi à maintenir les prix à des niveaux élevés.

Le pouvoir d’achat des ménages sous pression

La hausse observée depuis juin ne concerne plus un seul produit. Elle touche simultanément plusieurs catégories du panier de consommation : œufs, volaille, légumes, fruits, eau et produits de consommation courante.

Pour les ménages, cette situation signifie qu’un même budget permet désormais d’acheter moins de produits qu’il y a deux mois. La progression des prix constitue donc une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat en Algérie. Si les tensions sur l’offre, les coûts des intrants et la demande estivale persistent, les familles pourraient continuer à ressentir cette pression sur leurs dépenses quotidiennes au cours des prochaines semaines.

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