Aluminium : les cours reculent de 16 % en un mois avec l’espoir d’une trêve au Moyen-Orient

L'Algérie qui importe la quasi-totalité de ses besoins, reste directement exposée aux variations de ce marché.

4 min de lecture
Des profilés en aluminium empilés dans un entrepôt industriel, un métal dont l'Algérie importe la quasi-totalité de ses besoins. (Photo: AdobeStock)

Le prix de l’aluminium redescend sur terre. Après avoir flirté avec des sommets historiques en avril et mai, le métal léger a perdu près de 16 % de sa valeur en un mois, retrouvant son niveau d’avant-conflit.

Mi-avril, la tonne d’aluminium évoluait autour de 3 672 dollars (environ 3 210 euros), portée par les tensions au Moyen-Orient et la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz. Un choc logistique majeur pour un marché où cette région pèse près de 9 % de la production mondiale, estimée à 74 millions de tonnes par an, et bien davantage dans les flux transportés par voie maritime.

Des sites de production ont été endommagés par les bombardements, dans un contexte où la Chine reste, elle, le premier producteur mondial avec 60 % de l’offre globale. La combinaison de ces facteurs a fait s’emballer les marchés : les cours ont franchi la barre symbolique des 4 000 dollars la tonne fin mai sur le London Metal Exchange, portés également par la flambée conjointe du pétrole et du gaz, deux intrants énergétiques essentiels à la production d’aluminium.

Le retournement avec l’annonce d’une trêve

Le scénario s’est inversé avec l’annonce de discussions en vue d’un accord de trêve entre les États-Unis et l’Iran, et les premiers signes de réouverture du détroit d’Ormuz. Vendredi 3 juillet, la tonne d’aluminium s’échangeait autour de 3 384 dollars, un recul de 16 % sur un mois. Le pétrole a suivi la même trajectoire, le baril de Brent ayant chuté de 27 % sur la période, passant de 100 à 71 dollars.

Interrogé sur cette évolution, l’économiste Philippe Chalmin, codirecteur du cercle CyclOpe, estime qu’il reste néanmoins beaucoup d’incertitudes autour de la situation géopolitique, tout en notant l’absence de tension immédiate sur la production.

L’Algérie, importatrice exposée à la volatilité

Ce dossier concerne directement l’Algérie, qui ne dispose d’aucune fonderie d’aluminium primaire et importe la quasi-totalité de ses besoins en lingots, billettes ou plaques. Selon une analyse de Maghreb Emergent, le pays a vu le cours de l’aluminium progresser de près de 48 % sur un an au plus fort de la crise, pénalisant un tissu industriel de transformation secondaire (profilés, câbles, emballage) qui reste entièrement dépendant des importations. Une situation détaillée dans l’article « Aluminium à 3 667 dollars : l’Algérie, importatrice sans fonderie, face à la flambée », qui rappelle que des projets de fonderie nationale, associant le holding public Imetal à des partenaires privés, existent sur le papier depuis plusieurs années sans avoir abouti.

Il faut rappeler que l’aluminium reste un métal aux usages industriels multiples : emballage alimentaire, transport aérien, automobile, et surtout réseaux électriques, appelés à se densifier avec la transition énergétique. De quoi maintenir ce « métal stratégique » sous surveillance constante des marchés, quelle que soit l’issue des négociations au Moyen-Orient.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article