Après une année d’interruption en 2025, la Russie signe son retour sur le marché tunisien de l’orge, dans un contexte de concurrence accrue sur les prix face aux fournisseurs européens.
Selon les données du Centre fédéral russe d’agroexportation, environ 55 000 tonnes d’orge, d’une valeur proche de 13 millions de dollars, ont été expédiées vers la Tunisie entre janvier et février 2026. Un redémarrage qui intervient après des exportations plus conséquentes en 2024, où Moscou avait livré 365 000 tonnes pour un montant dépassant 64 millions de dollars.
Sur les deux premiers mois de 2026, les exportations russes d’orge ont dépassé 470 000 tonnes à l’échelle internationale, hors livraisons vers les pays de l’Union économique eurasiatique, illustrant la volonté de Moscou de renforcer ses débouchés extérieurs.
Une compétitivité prix déterminante
Traditionnellement, la Tunisie s’approvisionne en orge auprès de l’Union européenne, notamment la Roumanie, la France et l’Allemagne, ainsi que de l’Ukraine. Mais la hausse des coûts de production en Europe modifie l’équation économique.
Récemment, Tunis a acquis 25 000 tonnes d’orge à 277 euros la tonne, alors que l’offre russe équivalente s’établit autour de 257 euros la tonne, livraison incluse. Sur les volumes importés ces deux derniers mois, l’écart de prix représente une économie estimée à près d’un million d’euros, renforçant l’attractivité de l’origine russe.
Vers un rapprochement commercial accru
Au-delà des dynamiques de marché, la Russie cherche à consolider sa présence en Afrique du Nord via un levier institutionnel. Des négociations sont en cours en vue d’un accord de libre-échange entre la Tunisie et l’Union économique eurasiatique, qui regroupe notamment la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie.
Un tel accord pourrait entraîner une réduction des droits de douane sur les produits agricoles russes, accentuant davantage leur compétitivité sur le marché tunisien.
Un contexte énergétique favorable à Moscou
La conjoncture internationale joue également en faveur des exportateurs russes. La hausse des prix des carburants en Union européenne, liée notamment aux tensions autour de l’Iran, renchérit les coûts logistiques et de production européens.
Dans ce contexte, la Russie semble bien positionnée pour accroître ses parts de marché dans les exportations agricoles vers la Tunisie, et plus largement en Afrique du Nord, en capitalisant sur un avantage prix qui pourrait se renforcer au fil de l’année.

