Climat en Algérie : les associations pourront bientôt être financées par la coopération allemande

Maghreb Emergent
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Action de reboisement menée par des bénévoles associatifs en Algérie. Illustration.
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La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) a lancé, en Algérie, un appel à manifestation d’intérêt destiné aux organisations de la société civile actives dans la protection de l’environnement. La période de candidature est désormais close, et le projet entre dans sa phase de sélection. L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Action climat – ClimGov 2 », cofinancé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), mis en œuvre en partenariat avec le ministère algérien de l’Environnement et de la Qualité de la vie.

Faire entrer le climat dans les projets associatifs

Beaucoup d’associations algériennes travaillent déjà sur l’environnement, la gestion des ressources ou le développement local, sans toujours disposer des outils pour formuler leurs actions en termes de politique climatique. C’est cette dimension que la GIZ propose de renforcer, projet par projet, qu’il s’agisse d’une idée encore sur le papier, d’une initiative en cours de montage ou d’une activité déjà opérationnelle. Les structures retenues recevront un accompagnement technique et des formations, avant qu’une seconde sélection, plus resserrée, ne détermine lesquelles bénéficieront d’un appui à la mise en œuvre, financement à la clé, selon des critères que le projet doit encore préciser.

Un virage vers les acteurs non étatiques

L’appel s’inscrit dans la continuité d’un engagement plus ancien. Depuis la ratification de l’Accord de Paris par Alger, en octobre 2016, la coopération allemande accompagne la construction d’une gouvernance climatique algérienne, d’abord à travers ClimGov, entre 2018 et 2022 : élaboration du Plan national climat 2020-2030, travail avec les ministères des Affaires étrangères, des Finances, de l’Énergie et des Mines, ainsi qu’avec la Direction générale des forêts. La phase actuelle, ClimGov 2, prolonge ce travail institutionnel, avec un appui à la stratégie nationale bas carbone et à la déclinaison sectorielle des contributions déterminées au niveau national, mais y ajoute une dimension jusque-là secondaire : les acteurs non étatiques.

Jusqu’ici, la société civile n’apparaissait qu’en marge du dispositif, à travers des initiatives ponctuelles portées par des collectifs de femmes ou un accompagnement d’entreprises sur leurs émissions. Certains représentants associatifs avaient d’ailleurs publiquement regretté, sur les réseaux professionnels, leur faible association aux phases précédentes du programme. L’appel actuel ressemble, sur ce point précis, à une réponse à cette critique.

Un schéma classique, des modalités encore floues

Pour ce qui est du dispositif, les associations sont d’abord présélectionnées, puis accompagnées ; le financement, lui, ne vient qu’à la fin, pour les projets jugés les plus aboutis. D’autres bailleurs actifs dans la région suivent une logique comparable pour soutenir la société civile. Ce qui reste à préciser, en revanche, ce sont les enveloppes disponibles et les critères exacts qui départageront, à l’issue de l’accompagnement, les associations retenues pour un financement. Le projet ClimGov 2 a par ailleurs multiplié, ces derniers mois, les initiatives sectorielles, jusqu’à cofinancer une étude sur la taxe carbone européenne.

Pour les structures algériennes engagées sur les questions environnementales, il s’agit aussi d’acquérir une expertise technique qui leur fait souvent défaut, sur un terrain, celui du financement climat, appelé à peser de plus en plus lourd dans la coopération internationale, à mesure que l’Algérie avance dans la mise en œuvre de ses engagements au titre de l’Accord de Paris.

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