Le square Port-Saïd et les principales places de change informelles connaissent une agitation particulière ce dimanche 15 mars 2026. Pour la troisième journée consécutive, la monnaie unique européenne recule face au dinar algérien sur le marché noir. Cette tendance baissière s’accentue et bouscule les prévisions des cambistes habitués à une hausse saisonnière.
Aujourd’hui, le billet de 100 euros s’échange à la vente contre 27 650 dinars. Ce chiffre marque une baisse directe de 50 dinars par rapport à la veille. Si l’on compare cette cotation à celle du jeudi dernier, la chute atteint désormais 250 dinars. Du côté de l’achat, les revendeurs du marché noir reprennent le même billet de 100 euros au tarif de 27 350 dinars. Cette dépréciation rapide de l’euro sur le circuit parallèle surprend les observateurs, mais elle s’explique par des facteurs géopolitiques et logistiques majeurs.
L’impact du conflit au Proche-Orient
La persistance du conflit armé au Proche-Orient constitue la cause principale de ce repli. En raison de l’instabilité sécuritaire, les Algériens annulent massivement leurs voyages programmés vers cette zone géographique. Habituellement, ces déplacements génèrent une forte consommation de devises. Or, l’arrêt brutal des départs réduit mécaniquement les besoins en euros. En conséquence, une demande moins forte tire inévitablement les cours vers le bas sur le marché noir.
Crise logistique et importations de véhicules
Par ailleurs, la situation internationale perturbe gravement la logistique mondiale, notamment depuis la Chine vers le reste du monde. Les importateurs algériens de voitures chinoises subissent de plein fouet les conséquences de la guerre. Les compagnies de transport maritime multiplient les annulations ou réduisent drastiquement leurs dessertes.
Ce blocage impacte directement les opérations d’importation de véhicules, qu’elles soient menées par des particuliers ou des concessionnaires opérant dans l’informel. Puisque les transactions de véhicules sont freinées par le manque de disponibilité et les difficultés de transport, la demande en devises s’effondre. Moins d’importations signifie moins de recours au marché noir pour financer ces achats coûteux.
La conjonction de l’instabilité régionale et des tensions maritimes pèse lourdement sur la valeur de l’euro à Alger. Les prochains jours diront si cette baisse est durable ou si une reprise des échanges internationaux inversera la tendance.


