L’eau minérale coûte plus cher dans plusieurs points de vente en Algérie. Depuis le début de l’été, les consommateurs constatent aussi de grands écarts entre les prix d’une même bouteille selon les commerces. Une situation qui alimente les interrogations sur le fonctionnement du marché.
L’Association des producteurs algériens des boissons (APAB) assure pourtant que la hausse sortie usine reste limitée. De son côté, l’organisation de défense du consommateur Himayatouk demande un retour aux anciens tarifs lorsque les coûts des matières premières reviendront à la normale. Le sujet renvoie surtout à une question qui reste posée : qui contrôle réellement les prix de l’eau minérale en Algérie ?
Le PET augmente de 45 %, l’APAB explique la hausse
Dans un communiqué consacré aux prix pratiqués en août 2026, l’APAB explique que les producteurs ont subi une forte hausse du coût des matières premières utilisées pour les emballages. Le PET, utilisé pour fabriquer les préformes des bouteilles, a augmenté d’environ 45 %. Son prix est passé de 960 à 1 400 dollars la tonne. Le PEHD, utilisé notamment pour les bouchons, a également progressé de 33 %, passant de 1 100 à 1 460 dollars la tonne.
Selon l’APAB, les matériaux d’emballage représentent en moyenne 43 % du prix de revient du produit départ usine. Malgré cette hausse des coûts, l’association affirme que le prix départ usine d’une bouteille de 1,5 litre n’a augmenté que de 2 dinars TTC en moyenne.
Elle recommande ainsi un prix de vente au détail compris entre 240 et 250 dinars pour un pack de six bouteilles de 1,5 litre, quelle que soit la marque. Mais l’APAB précise que les prix supérieurs à cette fourchette dépendent des intermédiaires et des détaillants. Les producteurs affirment ne pas contrôler ces niveaux de prix.
Himayatouk demande le retour aux anciens tarifs
Cette situation a également fait réagir Mohamed Aïssaoui, président de l’organisation algérienne de défense du consommateur Himayatek. Lors d’une intervention sur Echorouk TV, il a expliqué que la hausse des prix est notamment liée à l’augmentation du coût du PET. Mais il considère que la situation actuelle reste liée à une conjoncture particulière.
« La conjoncture actuelle est temporaire et liée à des facteurs géopolitiques ayant impacté le coût de la matière première », a-t-il expliqué. Le responsable appelle surtout les producteurs à revoir leurs tarifs lorsque les coûts reviendront à leur niveau normal. « Une fois que ces circonstances disparaissent, les prix doivent revenir à leurs niveaux antérieurs », a-t-il plaidé.
Fixer le prix de l’eau minérale en Algérie : où en est le contrôle promis ?
Lors d’une visite à Béchar, Tayeb Zitouni avait déjà insisté sur les écarts constatés entre les prix des eaux minérales. Il avait alors déclaré : « Il est inacceptable qu’il y ait de grands écarts de prix des eaux minérales ».
L’ancien ministre avait également annoncé des mesures organisationnelles et un contrôle rigoureux des prix de ces produits. Il demandait aux producteurs davantage de transparence dans la détermination des prix de vente. Depuis, le marché reste marqué par des différences de tarifs entre les points de vente.
Le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national dispose pourtant d’une plateforme d’observation des prix permettant de suivre quotidiennement les prix de gros et de détail par produit et par wilaya. Reste donc la question de son intervention sur ce dossier précis.
Pour le consommateur, la situation est simple : l’eau est un produit de grande consommation. La hausse des coûts peut expliquer une partie de l’augmentation. Mais les écarts entre les prix restent difficiles à comprendre.


