Électricité en Tunisie : la production progresse mais la dépendance au gaz et à l’Algérie persiste

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تونس تواجه عجزا في الطاقة الكهربائية تقدر ب14 بالمائة من حاجياتها

En janvier 2026, la production totale d’électricité en Tunisie a atteint environ 1 600 gigawattheures, soit une progression de 7 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le chiffre, publié par l’Observatoire national de l’énergie et des mines (ONEM), confirme une tendance engagée depuis plusieurs trimestres. Sur l’ensemble de l’année 2025, la production nationale avait déjà progressé de 6 %, pour atteindre 20 535 gigawattheures.

En fait, la production destinée à la consommation intérieure n’a progressé, elle, que de 1 % sur la même période. L’écart entre les deux courbes dit quelque chose d’essentiel sur les marges de manœuvre réelles du pays : produire davantage ne signifie pas encore alimenter davantage.

Le gaz, à 94 %, pilier indétrônable

Le mix électrique tunisien reste dominé par le gaz naturel, qui représente environ 94 % de la production totale en janvier 2026, selon l’ONEM. Ce chiffre ne surprend pas les observateurs du secteur. La quasi-totalité de l’électricité tunisienne est produite par des centrales thermiques brûlant du gaz naturel. Les énergies renouvelables ne représentaient que 6 % de la production nationale à fin 2025, malgré l’installation d’environ 420 mégawatts de toitures photovoltaïques dans le secteur résidentiel au cours de la même année.

Cette dépendance s’inscrit dans un contexte de fragilité structurelle des approvisionnements tunisiens en hydrocarbures. Le déficit énergétique du pays a quadruplé en dix ans pour atteindre 11,1 milliards de dinars à fin 2025, tandis que la dépendance énergétique globale de la Tunisie s’établit autour de 69 %. Or les tensions persistantes sur les marchés gaziers mondiaux, entretenues depuis la fermeture du détroit d’Ormuz en février 2026, font peser une pression supplémentaire sur les coûts d’approvisionnement.

L’Algérie, filet de sécurité électrique

Les importations d’électricité, en hausse notable en janvier 2026, ont couvert environ 8 % des besoins tunisiens, selon les données de l’ONEM. Ces achats proviennent principalement d’Algérie, via l’interconnexion gérée respectivement par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et par Sonelgaz. Sur l’ensemble de l’année 2025, les achats d’électricité en provenance d’Algérie avaient couvert 11 % des besoins du marché local tunisien.

Cette interdépendance s’approfondit sur le plan institutionnel. En janvier 2025, deux conventions ont été signées à Tunis entre la STEG et Sonelgaz, dans le cadre d’une réunion tripartite associant également la société libyenne GECOL, pour examiner le projet d’interconnexion électrique synchrone entre les réseaux de transport des trois pays. Le PDG de Sonelgaz, Mourad Adjal, avait alors insisté sur la nécessité de «concrétiser une intégration énergétique qui servira les intérêts des deux peuples».

L’étendue de cette solidarité opérationnelle avait déjà été illustrée lors d’une panne survenue sur une centrale de la STEG, quand Sonelgaz avait fourni au réseau tunisien un volume record de 1 000 mégawatts, permettant de maintenir la continuité de l’approvisionnement.

Un corridor régional en gestation

Au-delà des échanges courants, l’Algérie mise sur une architecture plus durable. Le projet d’interconnexion tripartite Algérie-Tunisie-Libye vise à créer un corridor énergétique permettant une meilleure stabilité du réseau et une optimisation des ressources. Alger, qui dispose de capacités de production excédentaires, entend positionner Sonelgaz comme opérateur pivot de l’intégration électrique maghrébine, dans une région où les objectifs de transition vers les renouvelables restent pour l’heure largement inégalement tenus.

Pour Tunis, les statistiques de janvier 2026 dessinent donc un tableau cohérent avec les années précédentes : une production en croissance, un mix fossile quasi inchangé, et une sécurité d’approvisionnement qui repose, pour une part non négligeable, sur la capacité algérienne à exporter.

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