Gaz naturel : l’Algérie “pionnière”, selon le président de l’Union internationale du gaz

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Andrea Stegher, à la tête de l'UIG depuis 2025, était lundi à Oran pour le symposium de l'AIG. / DR

Le président de l’Union internationale du gaz (UIG), Andrea Stegher, a qualifié lundi l’Algérie de “pays pionnier” dans l’industrie du gaz naturel liquéfié (GNL), saluant une expérience fondée sur des partenariats de long terme qu’il a présentée comme “un modèle de confiance et d’innovation” pour l’ensemble du secteur. Ces propos ont été tenus à l’ouverture de la 8e conférence de l’Association algérienne de l’industrie du gaz (AIG), réunie au Centre des conventions Mohamed-Benahmed d’Oran.

Ingénieur-économiste italien fort de trente ans de carrière dans l’énergie, Stegher a passé l’essentiel de sa trajectoire chez Snam, le principal opérateur d’infrastructures gazières en Europe, avant de prendre la tête de l’UIG pour la période 2025-2028. C’est à ce titre, et non comme représentant d’un gouvernement, qu’il s’est exprimé à Oran : la voix d’une organisation qui regroupe plus de 150 membres et représente environ 95 % du marché gazier mondial.

Stegher a insisté sur le rôle structurant du gaz dans la transition énergétique mondiale, soulignant que la montée en puissance de l’intelligence artificielle et des centres de données crée une demande en électricité que les énergies renouvelables seules ne peuvent, à ce stade, absorber. Il a appelé à poursuivre les investissements dans les infrastructures, le numérique et les solutions à faibles émissions pour garantir une sécurité d’approvisionnement durable.

«Gaz naturel et hydrogène»

La rencontre, placée sous le thème «Gaz naturel et hydrogène : l’innovation au service d’une industrie durable», réunit plus de 700 participants sur deux jours. Aux côtés de Stegher figuraient Khaled Badji, secrétaire général de l’AIG, et Farid Ghazali, secrétaire général de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO).

Noureddine Daoudi, président de l’AIG et PDG de Sonatrach, a appelé dans son allocution les acteurs du secteur à «adopter les technologies de pointe, telles que la numérisation et l’intelligence artificielle», pour améliorer les performances industrielles et la durabilité des installations. Un salon technique parallèle mobilise 25 entreprises nationales et 10 startups. Les débats s’articulent autour de six axes, de la sécurité énergétique à la décarbonation, en passant par le captage du CO₂ et les perspectives de l’hydrogène.

La présence d’Andrea Stegher à Oran intervient dans un contexte porteur pour Alger. L’Algérie fournissait en 2025 environ 22 % des importations européennes de gaz par gazoduc, derrière la seule Norvège, et s’est imposée comme sixième exportateur mondial de GNL. L’AIG, fondée en 1993 par Sonatrach et Sonelgaz, siège désormais au bureau exécutif de l’UIG, à la suite de l’élection de l’Algérie lors du 29e Congrès mondial du gaz tenu à Pékin en 2025.

Le plan d’investissement 2026-2030 de Sonatrach vise à porter la production nationale à près de 200 milliards de mètres cubes, avec une priorité donnée à l’amont gazier et aux appels d’offres internationaux. L’ambition est réelle. Mais les exportations de GNL algérien ont reculé à 9,54 millions de tonnes en 2025, contre 13,45 millions en 2023, sous l’effet conjugué de la maintenance des infrastructures et d’une consommation intérieure en progression constante. À partir de 2027-2028, l’arrivée massive de volumes américains et qataris devrait par ailleurs faire pression sur les cours, réduisant la fenêtre dont dispose Alger pour consolider ses positions.

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