Législatives algériennes : un maire RN refuse l’ouverture de bureaux de vote dans sa ville

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La façade de la mairie de Carcassonne (MARC BERTRAND / RADIO FRANCE)

À quelques semaines des élections législatives algériennes prévues le 2 juillet 2026, une décision prise dans une ville française suscite déjà des réactions. Le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé qu’il refusait de mettre des locaux municipaux à la disposition du consulat d’Algérie pour l’organisation de bureaux de vote destinés aux ressortissants algériens établis en France.

L’élu a rendu publique sa décision dans un long message publié sur la page Facebook de la ville. Il explique avoir été sollicité par le consulat d’Algérie afin de mettre à disposition des locaux municipaux pour accueillir le scrutin. Après examen de la demande, il a décidé de ne pas y donner une suite favorable.

Des tensions diplomatiques invoquées pour justifier le refus

Dans son communiqué, Christophe Barthès explique que sa décision est directement liée à l’état actuel des relations entre les deux pays.

Selon lui, cette position « s’inscrit dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre l’Algérie et la France, marqué par des prises de position répétées des autorités algériennes à l’encontre de notre pays, de ses institutions et de ses représentants ».

Le maire évoque également plusieurs affaires récentes qui ont alimenté les tensions entre les deux États. Il cite notamment le cas de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal ainsi que celui du journaliste Christophe Gleizes. « Je pense notamment au traitement réservé à l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, ainsi qu’à la situation du journaliste Christophe Gleizes, retenu en Algérie dans des conditions qui suscitent de légitimes interrogations et une vive émotion », écrit-il.

Pour l’élu « Il ne me paraît pas cohérent que la Ville de Carcassonne mobilise ses moyens matériels, humains et logistiques afin de contribuer à l’organisation d’un scrutin relevant d’un État dont les autorités entretiennent aujourd’hui des relations particulièrement dégradées avec la France », affirme-t-il.

Une décision politique assumée au nom de la démocratie

Christophe Barthès insiste cependant sur le caractère politique de sa décision. Le maire assure qu’elle ne vise ni les habitants de Carcassonne ni les ressortissants algériens vivant dans la ville. « Cette décision ne vise en aucun cas les habitants de Carcassonne ou les ressortissants algériens résidant sur notre territoire, auxquels je réaffirme mon respect le plus absolu », souligne-t-il.

L’élu revendique un choix politique dirigé contre les autorités algériennes. « Elle constitue un choix politique assumé à l’égard des autorités du régime algérien et de leur attitude à l’égard de la France », précise-t-il.

Dans son message, il rappelle également l’attachement de sa municipalité aux principes démocratiques. « La municipalité demeure attachée aux valeurs de démocratie, de liberté d’expression et de respect mutuel entre les nations », écrit-il.

Une municipalité déjà au cœur d’une polémique locale

Cette prise de position intervient alors que la municipalité de Carcassonne a récemment fait l’objet de critiques dans la presse locale. Selon le journal français L’Indépendant, la ville a lancé en mai 2026 une page Facebook baptisée « La vie de Carcassonne », un nom très proche de celui de « La vie à Carcassonne », une page créée en 2011 par l’historien local Martial Andrieu.

Cette similitude a suscité une controverse locale et alimenté plusieurs échanges entre des membres de la municipalité et le créateur de la page historique. Une polémique qui s’ajoute aujourd’hui à celle provoquée par le refus de mettre des locaux municipaux à la disposition du consulat d’Algérie pour l’organisation des prochaines élections législa

Le Rassemblement national fidèle à sa ligne anti-Algérie

La position affichée par le maire de Carcassonne s’inscrit également dans la ligne politique défendue de longue date par le Rassemblement national. Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella fait de la lutte contre l’immigration l’un des axes centraux de son programme. Ce discours anti-immigré s’ajoute à un racisme anti-algérien ancré du parti de Jean-Marie Le Pen, tortionnaire en Algérie et dont les actes immondes ont été revélés par la journaliste Florence Beaugé. La haine anti-algérienne s’étend aux français d’origine algérienne qualifié de “français de papier”, un discours raciste relayé par les médias de Bolloré et repris par la droite traditionnelle qui court derrière le RN.

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