Les commissaires aux comptes se mettent aux normes GAFI

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Les commissaires aux comptes se mettent aux normes GAFI

La Chambre Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC) s’engage dans un processus d’alignement stratégique sur les normes internationales et nationales (ISA, GAFI, NAA). Pour cela, un vaste programme de formation continue a été annoncé en vue d’outiller les auditeurs afin qu’ils maîtrisent les normes internationales (ISA) et les exigences du Groupe d’Action Financière (GAFI) en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Ce programme vise également l’application concrète des Normes Algériennes d’Audit (NAA), particulièrement les normes NAA 315 et 330 relatives à l’identification et à l’évaluation des risques.

un programme de formation décentralisé

Un communiqué de la Chambre annonce que ce programme a attiré 700 professionnels, ce qui témoigne d’une forte prise de conscience collective. Ce programme de 42 heures se distingue par une approche pédagogique à 70 % pratique, visant à confronter les professionnels à des cas réels. Pour garantir une équité territoriale, il sera dispensé dans 22 centres répartis sur 16 wilayas, du nord au sud du pays.

Cette initiative vient combler une faille identifiée par un rapport stratégique élaboré par la CNCC pour l’occasion, à savoir l’insuffisance de la formation professionnelle et l’absence d’un dispositif national de formation continue obligatoire. Le rapport recommande explicitement la mise en place d’un tel dispositif, structuré autour de pôles régionaux, pour garantir le maintien des compétences face aux évolutions de la profession.

Ce même rapport alerte sur le fait que la loi n° 10-01 est inadaptée aux mutations normatives mondiales, exposant l’Algérie à un risque de marginalisation. Il souligne l’état critique du référentiel d’audit national, pointant spécifiquement l’absence dommageable des normes relatives aux risques (NAA 315 et 330), qui entraîne une hétérogénéité des pratiques et un risque accru de défaillance des audits.

La CNCC annonce également l’organisation des Journées Internationales de l’Audit (JIA2) à Annaba les 27 et 28 octobre 2026, sous le thème de la durabilité et de la transformation économique. Le communiqué insiste sur le fait que la durabilité (critères ESG : Environnement, Social, Gouvernance) est devenue un standard mondial, obligeant l’auditeur à certifier non seulement l’information financière, mais aussi les engagements environnementaux et sociaux des entreprises.

Le nouveau rôle du commissaire aux comptes : “Architecte de la confiance”

La finalité de cette double initiative (formation et réflexion internationale) est de transformer la figure de l’auditeur. Autrefois perçu comme un simple technicien de la conformité comptable, le commissaire aux comptes de demain doit devenir un “architecte de la confiance économique”. En améliorant la transparence financière et extra-financière, la CNCC souhaite soutenir la diversification économique de l’Algérie et attirer les investissements.

Cette vision rejoint parfaitement l’ambition ultime du rapport qui appelle à une refondation totale du système pour enrayer la dégradation des pratiques et la perte de crédibilité du système économique. Comme le souligne la conclusion du rapport stratégique : « Refonder la profession, c’est restaurer la confiance. Restaurer la confiance, c’est consolider l’économie nationale. »

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