L’automne 2026 pourrait prendre une tournure particulière en Algérie. Les modèles de prévision saisonnière commencent à dessiner un scénario marqué par une baisse des précipitations et des températures supérieures aux normales durant une partie de l’automne et le début de l’hiver.
Cette évolution serait notamment liée au renforcement du phénomène El Niño dans le Pacifique tropical. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’épisode actuel devrait atteindre une intensité très forte avant son pic vers la fin de l’année. Les prévisions indiquent également une probabilité proche de 100 % de maintien d’El Niño jusqu’à la période de décembre 2026 à février 2027.
Selon le scénario actuellement proposé par le modèle américain GFS, le début de l’automne pourrait encore connaître quelques épisodes pluvieux dans le nord de l’Algérie. Cependant, la tendance pourrait évoluer rapidement.
Après une période relativement faible en précipitations durant septembre et le début du mois d’octobre, un changement de régime pourrait intervenir à partir de la mi-octobre.
Le temps deviendrait alors plus sec et plus doux. Les précipitations pourraient se faire plus rares sur une partie du nord du pays. Selon ce scénario, les cumuls pluviométriques pourraient rester inférieurs aux moyennes saisonnières durant une partie de l’automne, avec une tendance qui pourrait se prolonger vers le début de l’hiver.
Les températures pourraient également se maintenir au-dessus des normales saisonnières de la mi-octobre jusqu’au mois de janvier, selon les projections des modèles américains.
Il convient toutefois de rappeler qu’une prévision saisonnière ne permet pas de déterminer avec précision le temps qu’il fera un jour donné. Elle indique surtout une tendance générale et peut encore évoluer avec les prochaines mises à jour des modèles.
El Niño, un facteur important pour le climat nord-africain
Le renforcement d’El Niño constitue cette année un élément majeur des prévisions climatiques mondiales. Le Centre américain de prévision climatique estime à plus de 90 % la probabilité d’un épisode très fort durant l’automne et l’hiver 2026-2027.
Les épisodes El Niño modifient les circulations atmosphériques et peuvent déplacer les zones habituelles de précipitations. Cependant, leurs conséquences ne sont pas identiques dans toutes les régions du monde. L’OMM souligne d’ailleurs que les effets varient selon l’intensité du phénomène, sa durée, la période de l’année et son interaction avec d’autres facteurs climatiques.
Pour l’Afrique du Nord, les historiques des précédents épisodes d’El Niño sont donc particulièrement suivis. Le scénario actuellement envisagé fait craindre une seconde partie d’automne moins humide et un début d’hiver plus doux que la normale.
Les pluies et les orages qui touchent actuellement certaines régions, notamment les Hauts Plateaux, ne doivent donc pas nécessairement être interprétés comme le signe annonciateur d’un hiver très pluvieux.
Une séquence pluvieuse en septembre peut parfaitement être suivie d’une période plus sèche en octobre ou en novembre. C’est précisément le changement de régime envisagé par certains modèles pour la suite de l’automne. Il faudra toutefois attendre les prochaines actualisations des modèles pour confirmer ou infirmer cette tendance.
Un risque important pour les céréales
Un automne et un début d’hiver plus secs pourraient avoir des conséquences importantes pour l’agriculture algérienne, notamment pour les cultures céréalières. Le blé tendre, le blé dur, l’orge et les autres céréales dépendent fortement des précipitations dans plusieurs zones agricoles. Cette dépendance est particulièrement importante dans les Hauts Plateaux, où l’irrigation artificielle ne peut pas toujours compenser un déficit pluviométrique durable.
Une faiblesse des pluies durant les périodes importantes du cycle agricole pourrait donc compliquer la campagne céréalière. L’évolution des précipitations au cours des prochains mois sera ainsi suivie avec une attention particulière par les agriculteurs.
L’Algérie face à des extrêmes climatiques de plus en plus marqués
L’éventuelle arrivée d’une période plus sèche doit enfin être replacée dans un contexte climatique plus large.
L’Algérie est de plus en plus confrontée à des épisodes climatiques extrêmes : canicules inhabituelles, longues périodes de sécheresse, incendies favorisés par les fortes chaleurs, mais aussi épisodes de pluies intenses et de vents violents.
Le pays se trouve ainsi fortement exposé aux aléas climatiques qui affectent différentes régions du monde. L’OMM souligne que le changement climatique peut amplifier les effets de certains phénomènes extrêmes, notamment les vagues de chaleur et les fortes précipitations, en raison du réchauffement de l’atmosphère et des océans.


