Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient, la Corée du Sud accélère sa stratégie de sécurisation énergétique en se tournant vers de nouveaux partenaires, notamment en Afrique du Nord. Parmi eux, Algérie se positionne comme un acteur clé dans la diversification des approvisionnements pétroliers de Séoul.
L’Algérie, partenaire stratégique en devenir
Selon des informations relayées par l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, des discussions ont été engagées mi-avril entre des responsables sud-coréens et leurs homologues algériens et libyens. En effet, le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères, s’est rendu dans les deux pays du 13 au 16 avril pour explorer des pistes de coopération énergétique.
Côté algérien, le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab a reçu le vice-ministre sud-coréen Park Jong-han, mardi 14 avril afin d’examiner les moyens de renforcer la coopération entre l’Algérie et la Corée du Sud. Les discussions ont porté, selon l’Algérie, sur le développement du partenariat dans les hydrocarbures et l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que sur les opportunités d’investissement avec le groupe Sonatrach sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’exploration à la transformation. Les deux parties ont également évoqué le renforcement des exportations de pétrole brut, de GPL et de naphta, en plus d’une coopération dans le dessalement d’eau de mer. Aucun accord formel n’a encore été signé.
Une dépendance critique au Moyen-Orient
Cette initiative sud-coréenne s’explique par une forte vulnérabilité énergétique. Le pays importe entre 94 % et 97 % de ses besoins en énergie, avec une consommation de pétrole estimée entre 2,5 et 2,8 millions de barils par jour. Son appareil de raffinage, l’un des plus puissants au monde (jusqu’à 4 millions de barils par jour), repose presque exclusivement sur du brut importé.
Or, près de 70 % de ces importations proviennent du Moyen-Orient et transitent en grande partie par le détroit d’Ormuz, un point de passage hautement stratégique mais exposé aux tensions géopolitiques.
Dans ce contexte, toute perturbation prolongée des flux dans la région représenterait un risque direct pour l’économie sud-coréenne, notamment pour son industrie pétrochimique.
Diversification accélérée des sources d’approvisionnement
Pour réduire cette dépendance, Séoul a déjà pris plusieurs mesures. Le gouvernement a sécurisé environ 273 millions de barils via des routes alternatives et activé ses stocks stratégiques. Parallèlement, il intensifie ses efforts diplomatiques pour élargir son portefeuille de fournisseurs.
Outre l’Algérie et la Libye, la Corée du Sud envisage également de se tourner vers l’Afrique subsaharienne, notamment la République du Congo.
Dans ce contexte, l’intérêt de la Corée du Sud pourrait constituer une opportunité stratégique pour l’Algérie. En consolidant ses relations avec une grande économie industrielle asiatique, le pays pourrait renforcer ses exportations d’hydrocarbures et, potentiellement, attirer des investissements technologiques et industriels.

