Depuis plus d’une année, le Programme prévisionnel d’importation (PPI) continue d’alimenter les inquiétudes des industriels algériens. Plusieurs opérateurs dénoncent des procédures longues pour obtenir les autorisations d’importation des matières premières et des kits destinés à la production locale. Pour certaines entreprises, ces retards pèsent directement sur l’activité industrielle.
Le représentant officiel de la marque chinoise JAC en Algérie, Amin Auto, affirme à son tour être confronté à cette situation. Dans des déclarations accordées à Echorouk TV, plusieurs responsables de l’entreprise ont expliqué que des milliers de kits destinés au montage de camions restent bloqués, retardant le lancement normal de la production et la livraison des véhicules attendus par les clients.
PPI : « Dès l’autorisation obtenue, le dédouanement prendra moins de 24 heures »
Intervenant sur Echorouk TV, Ilyes Ferroukhi, consultant juridique d’Amin Auto, assure que tous les préparatifs techniques de l’usine sont achevés.
« Malgré que toutes les procédures techniques sont déjà mises en place pour le début de l’activité de l’usine, le Programme prévisionnel d’importation (PPI) nous a tout bloqués. Nous attendons cette autorisation, mais jusqu’à présent aucune nouvelle. À cause de ce retard du PPI, nous n’arrivons toujours pas à récupérer nos kits dans les délais espérés. »
Le responsable ajoute que l’entreprise reste prête à lancer rapidement les opérations. « Dès l’obtention de cette autorisation, l’opération de dédouanement sera réalisée en moins de 24 heures.». Selon Amin Auto, ce retard empêche aujourd’hui la mise en production des camions alors que la demande reste importante sur le marché national.
Des centaines de conteneurs immobilisés depuis quatre mois
Même constat du côté de la logistique. Sofiane Ahnine, responsable de la logistique d’Amin Auto, détaille l’ampleur du blocage.
« Nous avons actuellement 992 conteneurs dans la zone sous douane depuis quatre mois. Ils contiennent 3 456 kits de camions. En parallèle, 4 752 autres kits sont en route depuis la Chine vers l’Algérie. »
Le responsable explique que cette situation engendre des coûts importants pour l’entreprise. «Nous payons aujourd’hui des sommes très importantes en frais de magasinage et de stockage pour ces conteneurs immobilisés depuis plusieurs mois. »
Selon Amin Auto, cette situation intervient alors que le marché algérien continue de souffrir d’un manque de véhicules utilitaires. L’entreprise indique également que plus de 3 000 commandes auraient déjà été enregistrées depuis le début de l’année pour les camions JAC, sans pouvoir être honorées à ce stade en raison du blocage des kits destinés à l’assemblage.
Le directeur de JAC appelle à une intervention pour débloquer la situation
Face à cette impasse, le directeur de Amin Auto a lancé un appel aux autorités. « Nous sommes engagés dans la concrétisation d’une véritable industrie. Nous espérons bénéficier d’un accompagnement afin de respecter nos engagements envers nos clients et envers l’État. »
Le responsable poursuit : « Nous lançons un appel au président de la République pour mettre fin à ce blocage. » Cette affaire illustre une nouvelle fois les difficultés rencontrées par plusieurs industriels dont l’activité dépend de l’importation de matières premières ou de kits de fabrication. Pour Amin Auto, l’obtention des autorisations prévues par le PPI reste aujourd’hui la principale condition pour relancer la production des camions JAC et répondre à une demande qui demeure forte sur le marché algérien.


