PPI : Tebboune répond aux critiques et défend la régulation des importations

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Le port d'Alger, point de passage obligatoire pour les marchandises soumises au programme prévisionnel d'importation. (DR)

Le président Abdelmadjid Tebboune a consacré une partie importante de sa rencontre périodique avec la presse nationale au dossier des importations. Diffusée samedi soir, l’émission a permis au chef de l’État de revenir sur plusieurs sujets économiques.

Avec les trois journalistes présents, une grande partie des échanges a porté sur les importations et le Programme prévisionnel d’importation (PPI).

Le dispositif est devenu un sujet récurrent pour les industriels et les importateurs. Certains dénoncent des délais et des difficultés pour obtenir les autorisations nécessaires. Le gouvernement défend, de son côté, une politique visant à mieux contrôler l’utilisation des devises.

Tebboune a repris cette ligne. Pour lui, le PPI ne constitue pas un blocage systématique. Il s’agit plutôt de « rationaliser » les importations et de vérifier les besoins réels des entreprises. Le président a aussi résumé cette logique par deux mots : « convaincre et rationaliser ». L’opérateur doit donc justifier ses besoins avant d’obtenir les devises nécessaires.

130 milliards de dollars demandés pour le deuxième semestre

Le président est revenu sur les données révélées lors de l’examen des PPI du deuxième semestre 2026. Le traitement des dossiers avait fait ressortir 3 961 opérateurs employant entre zéro et cinq salariés, avec des demandes d’importation atteignant au total 130,32 milliards de dollars. Le ministère avait annoncé l’ouverture de vérifications pour comparer ces demandes avec l’activité réelle des entreprises.

Il a notamment évoqué 581 sociétés enregistrées à une même adresse à Ouled Fayet. Il a aussi parlé d’environ 200 dossiers présentant des éléments identiques, notamment des numéros de série et des montants déclarés. Le président a également cité le cas d’entreprises demandant des montants en devises qu’il jugeait disproportionnés par rapport à leur production.

Il a aussi cité le cas d’un opérateur ayant consommé 750 millions de dollars de devises pour une activité qui n’aurait généré que 29 millions de dollars pour le Trésor, selon son exposé.

Pour Tebboune, un industriel doit connaître ses besoins

Le chef de l’État a également défendu le principe d’une programmation des besoins sur plusieurs mois. Son raisonnement est simple : une entreprise industrielle doit être capable de prévoir les matières premières et les intrants dont elle aura besoin. Les besoins doivent donc être répartis sur les deux semestres de l’année. Cette planification doit permettre aux autorités de mieux connaître les volumes nécessaires et d’éviter des demandes imprévues de devises.

Tebboune a ainsi estimé qu’un industriel qui ne sait pas ce dont son usine aura besoin pendant six mois a un problème de planification. Il a opposé cette situation à celle d’un véritable industriel capable d’anticiper ses besoins. Le président défend ainsi le maintien d’un contrôle sur les importations, tout en affirmant que les producteurs qui justifient leurs besoins doivent être accompagnés.

La numérisation doit jouer un rôle central dans ce dispositif. Les autorités ont déjà indiqué que la plateforme consacrée aux PPI permettait de croiser plusieurs données et de détecter des situations nécessitant des vérifications.

Le gel du PPI n’est pas à l’ordre du jour

Les déclarations de Tebboune donnent aussi une indication sur la suite de cette politique. Rien dans ses propos ne laisse penser à un abandon prochain du système actuel. Les importateurs devront donc continuer à composer avec cette logique de programmation et de justification.

Pour les autorités, le problème ne se situe donc pas dans l’importation elle-même. Il concerne surtout l’utilisation des devises et les demandes qui ne correspondent pas à une activité économique clairement établie. Tebboune a aussi affirmé que certains opérateurs chercheraient avant tout à accéder à la devise, sans apporter une réelle valeur ajoutée à l’économie nationale.

À l’inverse, les entreprises productives doivent continuer à bénéficier des matières premières et des équipements dont elles ont réellement besoin.

Le débat sur le PPI reste donc ouvert. Les industriels demandent davantage de visibilité. L’État maintient, lui, son principe de contrôle. Avec la même ligne affichée par Tebboune : « convaincre et rationaliser » avant d’engager davantage de devises dans les importations.

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