Le ministre de l’Éducation a dévoilé aujourd’hui la feuille de route de la prochaine rentrée scolaire, lors de la rencontre nationale regroupant les cadres du secteur. Désormais, la langue française est décalée à la 4e année primaire au profit de l’anglais.
M. Mohamed Sghir Sadaoui, a justifié ce choix par le fait que « l’anglais et le français sont des langues similaires dans le tracé des lettres et la prononciation de certains mots » ; il a donc été jugé préférable de commencer par une seule langue étrangère en 3AP, explique le ministre, « pour éviter toute confusion chez l’élève ». Par ailleurs, il a annoncé la préparation de projets pour l’enseignement d’autres langues à l’avenir, comme la langue chinoise.
Lycée : la fin du « tronc commun » et l’ère de l’ingénierie
Le volume horaire de l’anglais sera aussi renforcé au lycée à partir de la rentrée scolaire prochaine. L’autre grand chantier : le ministère travaille sur un projet visant à supprimer la formule du « tronc commun » en première année secondaire. Les élèves seront orientés « directement vers leurs filières de prédilection dès la fin du cycle moyen pour leur offrir un volume horaire plus conséquent dans leurs matières de base », déclare le ministre. Autrement dit, le système de tronc commun adopté depuis les années 90 a montré ses limites ; retour donc à la case de départ.
Dans cette optique, plusieurs ajustements ont été annoncés : l’ancienne filière « Technique Mathématiques » change de nom pour devenir la filière Ingénierie, « afin de lui donner une identité propre et de ne plus la traiter comme une simple sous-branche des mathématiques », explique M. Sadaoui.
La filière informatique, déjà expérimentée dans les années 80, est de retour « pour s’aligner sur les parcours universitaires les plus demandés ». Enfin, certaines matières seront déplacées entre les niveaux (sans être supprimées) pour alléger l’emploi du temps des classes terminales et favoriser les travaux pratiques.
Les chiffres d’un secteur en pleine expansion
Le ministre est revenu sur le budget de son secteur. Il a qualifié son augmentation de 8,4 % de « levier essentiel pour financer la construction de nouveaux établissements et répondre à la pression démographique ».
Les performances du secteur s’illustrent également par des indicateurs de réussite en hausse pour la session 2026 : le taux de réussite au BEM a progressé de 11,6 %, permettant à 74 % des élèves de rejoindre le lycée. Un taux de réussite de 56,18 % au BAC a été enregistré, soit une hausse de 5 % en un an. Continuant sur les chiffres, le ministre annonce que plus de 62,9 millions de manuels scolaires ont été distribués durant l’année scolaire 2025-2026 pour couvrir les besoins nationaux. Sur le volet recrutement, il a annoncé que les résultats du dernier concours, qui a vu la participation de 1 065 000 candidats, seront proclamés incessamment.


