Le secteur des façades, fenêtres, portes, cuisines et salles de bains présente un visage de plus en plus industriel en Algérie. Le constat est visible au Pavillon central de la SAFEX à Alger, où se tiennent, du 20 au 23 septembre, la 8e édition du Salon international des façades, fenêtres et portes (SIFFP) et la 3e édition du Salon Cuisine & Bain Expo.
Une virée parmi les stands donne une idée de l’évolution du secteur. Des entreprises travaillent dans l’importation. D’autres ont choisi la transformation locale. Certaines affichent désormais des produits fabriqués en Algérie. D’autres se lancent dans les services liés au bâtiment et à la rénovation.
Le marché reste pourtant confronté à une difficulté majeure : l’accès aux produits et aux matières premières importés. Un sujet devenu sensible pour plusieurs entreprises rencontrées par Maghreb Émergent. Selon Malik Laddi, responsable commercial de la SIFFP, cette édition réunit 120 exposants algériens et étrangers, dont des participants issus notamment d’Égypte, d’Espagne, d’Italie, de Turquie et de Chine. Jusqu’au troisième jour, le salon avait déjà enregistré 18 000 visiteurs, selon le même responsable.
Un salon tourné vers la complémentarité industrielle
Pour Malik Laddi, l’objectif ne se limite pas à l’exposition de produits. « Nous avons mis en avant la complémentarité entre les industries algériennes pour obtenir un produit de qualité et un produit fini », explique-t-il. Cette orientation revêt une importance particulière face aux difficultés rencontrées par les importateurs. « L’importation devient de plus en plus difficile », souligne le responsable commercial.
Le salon devient ainsi un espace de recherche de solutions locales. Des entreprises peuvent identifier des fournisseurs algériens, échanger sur certains produits et limiter le recours à l’importation. L’enjeu est aussi industriel. Produire davantage localement permet de créer des emplois, de développer des réseaux de distribution et de faire émerger des sous-traitants.

Oxxo mise sur 55 000 fenêtres par an
Parmi les entreprises présentes, Oxxo illustre cette évolution. Spécialisée dans la fabrication de menuiseries et de produits en PVC à Aïn Taghrout, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, l’entreprise dispose d’une capacité pouvant atteindre 55 000 fenêtres par an.
Cela représente, selon Samiha Chennit, responsable marketing et communication, l’équivalent de l’équipement de 100 000 logements. L’entreprise travaille avec les secteurs public et privé. Elle dispose aujourd’hui de 62 points de vente dans 40 wilayas.
Son activité constitue également un important bassin d’emplois. « Nous avons 608 ouvriers permanents », indique Samiha Chennit. À ce chiffre s’ajoutent les emplois liés au réseau de distribution et aux sous-traitants. L’ensemble compte environ 900 travailleurs, selon la responsable.
La croissance de l’activité pousse également l’entreprise à recruter régulièrement. « Le besoin augmente d’une année à l’autre. Nous avons plusieurs produits et des nouveautés. Pour cela, nous lançons souvent des recrutements », explique-t-elle.
Oxxo ne se limite plus au marché algérien. L’entreprise a déjà exporté vers l’Espagne, ainsi que vers la Libye et la Mauritanie. Pour la responsable, ces exportations montrent que les produits fabriqués localement peuvent répondre aux exigences des marchés extérieurs.
Houssam Rénovation cible un nouveau marché
Le développement du secteur ne concerne pas uniquement les fabricants. Les services liés à la rénovation prennent également de l’ampleur. Houssam Rénovation en est un exemple. L’entreprise s’est spécialisée dans l’accompagnement des propriétaires souhaitant rénover leur logement sans avoir à gérer directement les différents intervenants.
« J’ai beaucoup travaillé dans le secteur du bâtiment. Nous avions déjà une équipe complémentaire composée d’électriciens, de plombiers et de maçons. Cela m’a poussé à lancer cette entreprise de rénovation », explique son responsable commercial. L’entreprise propose désormais également un accompagnement technique. Une architecte intervient pour préparer les plans et proposer une représentation 3D du projet. Le client peut ainsi avoir une vision plus précise du résultat avant le lancement des travaux.
Une part importante de la clientèle provient de la diaspora
« La majorité de nos clients sont des membres de la diaspora qui cherchent des profils comme nous pour assurer l’ensemble des travaux de leur villa ou de leur appartement », explique le responsable. Le marché reste encore jeune pour cette entreprise, qui entre dans sa troisième année d’activité. Mais la demande existe.
Certains propriétaires ne veulent plus assurer eux-mêmes le suivi d’un chantier. Des bureaux d’études sollicitent également l’entreprise afin de concrétiser leurs projets. Le salon montre ainsi une transformation progressive du secteur. La fabrication locale gagne du terrain. Les entreprises cherchent de nouveaux débouchés. Les services se structurent.


