Sonatrach a publié son premier Country-by-Country Tax Report, arrêté au 31 décembre 2025. Le document, imposé par la réglementation européenne aux grands groupes actifs dans l’Union, détaille pour la première fois les revenus, les impôts et les effectifs du groupe pétrolier algérien, pays par pays. On y découvre des holdings, des sociétés de réassurance et plusieurs armateurs domiciliés au Luxembourg et aux Îles Vierges britanniques, deux territoires sans production d’hydrocarbures.
Le périmètre couvre l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, les Îles Vierges britanniques et les filiales algériennes de l’exploration, du forage, du transport par pipelines, de la pétrochimie et du dessalement.
336 milliards de dinars d’impôts versés hors d’Algérie
Hors Algérie, le groupe déclare 7 331,57 milliards de dinars de chiffre d’affaires sur l’exercice et 1 031,48 milliards de résultat avant impôt. L’impôt versé atteint 336,85 milliards de dinars, contre 267,23 milliards comptabilisés sur l’année. Sonatrach attribue l’écart à des régularisations d’exercices antérieurs et à des acomptes payés avant l’arrêté des résultats définitifs. Les bénéfices accumulés à l’international s’élèvent à 8 900,58 milliards de dinars. L’effectif total, 220 176 salariés, reste presque entièrement basé en Algérie.
L’Italie perd, l’Espagne gagne
L’Italie, premier marché européen du groupe avec 613,06 milliards de dinars de revenus, affiche une perte avant impôt de 26,31 milliards. Sonatrach y a néanmoins réglé 1,68 milliard au fisc. La structure de l’activité gazière transalpine, lourde en investissements et en amortissements, absorbe les marges.
L’Espagne présente la configuration inverse. Le groupe, présent via Medgaz et Sonatrach Gas Comercializadora, y dégage 15,87 milliards de dinars de résultat avant impôt pour 82,88 milliards de chiffre d’affaires. L’impôt versé se limite à 230,97 millions de dinars.
Des bénéfices accumulés sans commune mesure avec l’activité
Les juridictions les plus discrètes concentrent des stocks de bénéfices sans rapport avec leur activité annuelle. Aux Pays-Bas, les revenus de l’exercice ne dépassent pas 4,41 milliards de dinars, quand les bénéfices accumulés atteignent 41,86 milliards. Au Luxembourg, où sont logées les filiales financières et de réassurance, le chiffre d’affaires déclaré s’établit à 3,51 milliards de dinars, les bénéfices accumulés à 7,16 milliards, sans effectif comparable à celui d’une filiale opérationnelle.
Aux Îles Vierges britanniques, siège de holdings et de sociétés de transport maritime, les revenus s’élèvent à 137,99 milliards de dinars pour 37,47 milliards de résultat avant impôt. L’impôt payé localement se limite à 942,96 millions de dinars, un niveau que le rapport rattache au régime fiscal de la juridiction, sans détailler la nature des flux concernés.


