Une embarcation partie de Boumerdès avec 23 personnes à bord portée disparue en Méditerranée

Une embarcation précaire transportant 23 personnes est officiellement recherchée en mer Méditerranée, rapporte l’agence espagnole EFE. Partie des côtes algériennes à la mi-mai, elle n'a plus donné aucun signe de vie, déclenchant une alerte humanitaire et la mobilisation immédiate des secours espagnols. Ce drame met, une fois de plus, en lumière la dangerosité de la « route algérienne ».

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Un navire de sauvetage espagnol, archives (DR)

L’embarcation de type patera, un canot motorisé traditionnel à fond plat, a quitté Boumerdès le mercredi 20 mai 2026. Ses 23 passagers s’étaient lancés dans une traversée de 300 kilomètres pour rejoindre les côtes espagnoles. Face aux inquiétudes exprimées par les familles, l’ONG Alarm Phone a formellement lancé une alerte le samedi 23 mai.

En réaction, l’organisme public espagnol de sauvetage en mer, Salvamento Marítimo, a émis des avis d’urgence aux navires commerciaux et de plaisance croisant dans la zone des Baléares. Des patrouilleurs de la Guardia Civil et un hélicoptère de sauvetage ont entrepris de quadriller le secteur pour repérer une éventuelle dérive. Le délai théorique de navigation (entre 48 et 72 heures) étant largement dépassé, les autorités redoutent une avarie de moteur ou un chavirement en haute mer.

Des flux en hausse depuis l’Algérie

Cette inquiétante disparition renforce les craintes entourant la « route algérienne ». Celle-ci est désormais classée, tant par Frontex que par les services de sécurité espagnols, comme l’une des plus actives de la région. En parallèle, la « route marocaine » s’est apaisée après la fin de l’instrumentalisation des flux migratoires par Rabat pour peser sur la position de Madrid concernant le Sahara occidental. Le « virage » politique de Pedro Sánchez sur ce dossier s’est en effet traduit par des contrôles accrus de la part des services de sécurité marocains.

Le rapport 2025 sur la sécurité nationale en Espagne évoque une « augmentation [des flux] depuis l’Algérie qui a provoqué une hausse des arrivées aux Baléares ». Des sources internes aux services de sécurité espagnols, citées par “El Confidencial”, estiment qu’environ 14 000 personnes, dont 9 500 Algériens, ont quitté les côtes algériennes par mer vers l’Espagne en 2025.

Le renforcement des contrôles policiers et le verrouillage de la voie marocaine ont ainsi entraîné un déplacement des flux en Méditerranée occidentale. Selon les différents rapports de Frontex, la “Ruta Argelina” a cessé d’être un itinéraire secondaire, les réseaux de passeurs ayant jeté leur dévolu sur le littoral algérien. Face à ce constat, le rapport espagnol de 2025 appelle à une coopération accrue avec Alger.

 Une route mortelle

Les vidéos de traversées réussies diffusées sur les réseaux sociaux ne doivent pas masquer la réalité : cette route est extrêmement périlleuse. En 2025, elle s’est imposée comme l’une des plus meurtrières de la Méditerranée occidentale, avec 1 037 personnes mortes ou portées disparues. C’est ce qu’indique le bilan annuel de l’ONG espagnole Caminando Fronteras, qui documente depuis des années les drames humains aux frontières européennes.

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