Le secteur minier ne pesait que 0,8 % des investissements déclarés auprès de l’AAPI entre novembre 2022 et mars 2025. C’est peu, pour un pays qui revendique les deuxièmes réserves de fer d’Afrique et un potentiel en lithium encore largement inexploré. C’est dans ce décalage que s’inscrit la visite de travail de Han Wenxiu, directeur exécutif adjoint du Bureau de la Commission centrale des affaires financières et économiques de la République populaire de Chine, reçu samedi à Alger par le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi.
Han Wenxiu a réaffirmé l’engagement de son pays à encourager les entreprises chinoises à investir dans des projets miniers industriels créateurs de valeur en Algérie, dans le cadre d’un partenariat fondé sur le développement commun. La formulation mérite attention. Pékin ne parle plus de coopération générique : il oriente ses opérateurs vers l’aval de la chaîne, vers la transformation locale plutôt que l’exportation brute de minerais.
La géologie comme priorité commune
Les discussions ont notamment porté sur la coopération entre le Service géologique chinois et l’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA), et sur la mise en place de programmes de formation spécialisés destinés aux jeunes ingénieurs algériens, avec l’appui d’institutions et d’entreprises minières chinoises. L’ASGA, instituée par la loi minière du 24 février 2014, est l’organisme public chargé de l’inventaire minéral et de la cartographie géologique nationale.
Le volet formation dépasse le geste de façade. Mourad Hanifi a présenté les orientations de la politique minière nationale, qui vise à faire du secteur un levier de l’industrialisation et du renforcement de la souveraineté économique du pays. Nommé en avril 2026 lors du remaniement qui a séparé les mines des hydrocarbures, le ministre avait fixé dès sa prise de fonctions le transfert de compétences comme condition d’un partenariat minier durable. Han Wenxiu lui offrait samedi un interlocuteur qui, pour la première fois, formulait explicitement cette attente en retour.
Pékin n’était pas venu uniquement pour les mines. Han Wenxiu a également rencontré le ministre de l’Énergie Mourad Adjal, plaidant pour le développement de projets dans les filières solaire et éolienne, ainsi que dans la fabrication de composants destinés aux panneaux solaires. Une tournée qui dessine, en creux, la carte des secteurs que Pékin entend investir en Algérie.
Le contexte global des minerais critiques, dont la demande explose sous l’effet de la transition énergétique, confère à ces discussions une dimension qui dépasse la coopération bilatérale ordinaire. Le secteur minier algérien ne représentait que 0,8 % des investissements déclarés auprès de l’AAPI entre novembre 2022 et mars 2025. C’est précisément ce retard que les démarches diplomatiques en cours, avec Moscou la semaine précédente et Pékin samedi, visent à combler.
En clôture de la réunion, Han Wenxiu a remis à Hanifi une invitation officielle du ministère chinois des Ressources naturelles à participer aux prochains rendez-vous internationaux du secteur minier, prévus en Chine.

