La mise à jour du 14 mai 2026 de la liste officielle des produits bancaires autorisés lève un verrou que les e-commerçants algériens attendaient depuis des années. Les opérateurs du commerce en ligne pourront désormais encaisser des paiements effectués par des porteurs de cartes émises par des banques étrangères. Un acheteur basé à Paris, Tunis ou Dubaï pourra régler une commande chez un vendeur algérien sans friction supplémentaire.
La mesure s’appuie sur l’article 7 du règlement n° 2020-01 du 15 mars 2020, qui confie à la Banque d’Algérie la tenue d’une liste codifiée des produits bancaires autorisés, mise à jour périodiquement. Les banques souhaitant commercialiser cette nouvelle fonctionnalité devront déposer une déclaration préalable et respecter un délai de quinze jours avant tout lancement.
Le QR Code franchit la barrière interbancaire
La même mise à jour entérine l’extension du paiement par QR Code entre établissements distincts. Particuliers, commerçants et entreprises pourront effectuer des virements de personne à personne, des paiements vers des professionnels et des remboursements dans le sens inverse, depuis n’importe quelle application bancaire mobile, quelle que soit la banque du client ou du vendeur.
Le cadre réglementaire rattrape ici un déploiement déjà engagé. Le GIE Monétique avait annoncé fin 2025 son objectif de porter à quinze banques l’interopérabilité du réseau DZMobPay, qui en comptait alors sept. Les chiffres d’usage restent modestes. En mars 2026, moins d’une opération par terminal tous les trois jours sur un parc de 22,5 millions de cartes en circulation. Les 9 000 milliards de dinars qui circulent hors circuits bancaires résument l’ampleur du chantier.
Le gouverneur Mohamed Lamine Lebbou a réuni le 14 juin les dirigeants des banques commerciales pour rappeler que ses directives sur la numérisation des paiements devront être appliquées sans marge d’interprétation. L’ouverture aux cartes étrangères s’inscrit dans ce mouvement de pression réglementaire. Elle donne aux e-commerçants algériens un levier d’exportation de services jusqu’alors bloqué côté vendeur.


