L’Algérie mise sur le rail pour booster ses exportations de ciment et de clinker. Le 12 mars 2026, le secrétaire général de la wilaya d’Annaba a présidé une réunion décisive : relier quatre unités de production au port d’Annaba via le réseau ferroviaire. Un projet structurant, longtemps à l’étude, qui entre désormais dans sa phase opérationnelle.
Les quatre unités concernées sont celles de Hadjar Soud (Skikda), Aïn El Kebira (Sétif), Sigus (Oum El Bouaghi) et Hamma Bouziane (Constantine). Toutes situées dans l’est algérien, elles représentent une part significative de la capacité productive de la région. En effet, leur connexion directe au port d’Annaba constitue, en effet, un levier logistique majeur pour accélérer les exportations de ciment et de clinker vers les marchés africains, arabes et européens.
Il est utile de rappeler que le clinker est la matière première semi-finie, issue de la cuisson du calcaire dans le four de la cimenterie. Il est exporté en vrac. Le ciment, quant à lui, est le produit fini obtenu après broyage du clinker avec du gypse. L’Algérie exporte aujourd’hui les deux produits, ce qui élargit considérablement ses débouchés à l’international.
Un quai et une trémie dédiés
Concrètement, le projet prévoit la réhabilitation de la zone de déchargement existante à l’intérieur du périmètre portuaire. Un quai sera spécialement aménagé pour recevoir et expédier le ciment et le clinker. En parallèle, la construction d’une trémie- un passage souterrain-est prévue pour fluidifier les opérations de manutention et accélérer le chargement des navires.
Pourquoi le train ? Le transport ferroviaire offre trois avantages décisifs par rapport au transport routier : des volumes plus importants, des délais réduits et des coûts logistiques nettement inférieurs. Ainsi, l’acheminement du ciment et du clinker par voie ferrée permettra d’optimiser toute la chaîne d’exportation, du site de production jusqu’au navire. Cette infrastructure spécifique évitera les congestions habituelles et garantira une meilleure fluidité des opérations portuaires.
Un projet mûri depuis plus d’un an
L’idée n’est pas nouvelle. Le recours au train et l’aménagement d’un quai spécialisé sont à l’étude depuis plus d’une année. Plusieurs ports avaient été envisagés. Finalement, le choix s’est arrêté sur Annaba, port naturellement positionné pour le commerce international et déjà doté d’infrastructures solides.
Cette décision s’inscrit dans une vision cohérente. En effet, l’Algérie ne cesse d’augmenter ses capacités de production de ciment et de clinker depuis plusieurs années. La capacité installée dépasse aujourd’hui largement la demande intérieure, ce qui rend l’accès à des débouchés extérieurs non seulement souhaitable, mais nécessaire.
Le ciment et le clinker, piliers de la diversification économique
L’État mise clairement sur le ciment et le clinker pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. En effet, les deux produits sont identifiés comme des moteurs des exportations hors pétrole et gaz. Augmenter les volumes exportés contribue directement à cet objectif stratégique. C’est pourquoi l’État investit dans les infrastructures logistiques nécessaires pour rendre ces exportations compétitives à l’échelle internationale. La production à l’export par le rail, l’Algérie se dote d’une logistique compétitive. Elle se positionne, par conséquent, comme un fournisseur crédible sur les marchés régionaux et internationaux.


