La course aux modèles d’intelligence artificielle générative entre les géants de la Silicon Valley se poursuite et s’intensifie avec des investissements en mode “no limit”. Mercredi 8 avril, Meta, le géant des réseaux sociaux, a présenté un nouveau modèle d’intelligence artificielle baptisé Muse Spark, le premier depuis la refonte en profondeur de sa division IA entamée l’année dernière.
Muse Spark succède à Llama 4, le dernier modèle mis en ligne par le groupe de Menlo Park en avril 2025, qui avait déçu à sa sortie en souffrant de la comparaison avec ses concurrents américains, chinois et français. Cet échec avait constitué un signal d’alarme pour Mark Zuckerberg, le poussant à engager une transformation radicale de ses équipes.
Un modèle conçu pour l’écosystème Meta
Le modèle est avant tout pensé pour les produits internes du groupe : l’application Meta AI, Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et les lunettes connectées. À ce stade, il n’est disponible qu’aux États-Unis.
Techniquement, Muse Spark se veut volontairement petit et rapide, mais capable de raisonner pour répondre à des questions de sciences, mathématiques ou santé. Il s’agit d’un modèle multimodal, capable d’analyser du texte et des images. Meta le présente comme une base de développement pour de futures versions plus puissantes.
Une rupture stratégique nette
Le lancement marque également un tournant philosophique. Muse Spark, développé par Meta Superintelligence Labs, est un modèle fermé, rompant avec la stratégie open-source qui caractérisait jusqu’ici les modèles de la famille Llama.
Cette inflexion s’accompagne du départ de Yann LeCun. Le chercheur français, sceptique quant au potentiel des grands modèles de langage, avait annoncé mi-novembre son départ fin 2025 pour fonder sa propre start-up, Advanced Machine Intelligence (AMI).
Milliards investis, équipes recrutées à prix d’or
Pour financer ce virage, Meta avait déboursé plus de 14 milliards de dollars pour acquérir 49 % du capital de Scale AI, spécialiste de la préparation de données pour l’IA, propulsant son patron Alexandr Wang à la tête de l’IA chez Meta. Zuckerberg a également recruté des cadres d’OpenAI, Anthropic et Google, intégrés à une nouvelle entité baptisée Meta Superintelligence Lab.
En parallèle, Meta a annoncé son intention d’investir jusqu’à 600 milliards de dollars dans l’infrastructure des centres de données d’ici 2028, avec des dépenses d’investissement estimées entre 40 et 50 milliards de dollars pour la seule année 2026.
Incertitudes en arrière-plan
Malgré l’offensive, des questions demeurent. L’équipe de superintelligence travaille par ailleurs sur un modèle appelé « Avocado », dont les benchmarks internes auraient également été inférieurs aux attentes. Sur les marchés, l’action Meta se négociait autour de 574 dollars début avril 2026, soit un recul de 27 % par rapport aux sommets atteints en 2025.
Le lancement de Muse Spark constitue donc autant un signal envoyé à la concurrence qu’une réponse aux attentes des investisseurs, dans une course à l’IA générative qui ne montre aucun signe de ralentissement.


